La pression exercée sur les ressources forestières s’accentue dans le territoire de Bolobo, province du Maï-Ndombe. La production artisanale de charbon de bois, communément appelé « makala », figure parmi les facteurs qui contribuent à la disparition progressive du couvert végétal et à la raréfaction du bois de chauffage dans les environs de la cité.
Selon Nicolas Minde, ingénieur agronome du territoire de Bolobo, l’abattage clandestin et anarchique des arbres destinés à la fabrication du charbon de bois a atteint un niveau préoccupant.
« Nous constatons une rareté très remarquable du bois de chauffage dans la cité de Bolobo », a-t-il alerté vendredi, mettant en cause l’exploitation intensive des ressources forestières par les producteurs de « makala ».
Cette situation affecte directement les ménages qui dépendent du bois pour la cuisson, particulièrement les femmes, principales utilisatrices de cette ressource dans de nombreux foyers. D’après l’ingénieur agronome, les forêts situées à proximité de la cité sont progressivement dépouillées de leurs arbres. Certaines zones, autrefois boisées, tendent ainsi à se transformer en espaces de savane sous l’effet de l’abattage répété.
Au-delà de la production de charbon de bois, la croissance démographique et l’expansion de la cité contribuent également à accroître la pression sur les terres et les ressources naturelles. Aimé Emenga, brigadier en chef de l’hygiène à Bolobo, indique que l’extension de la ville a éloigné les habitants des zones forestières. Pour accéder aux espaces où ils peuvent notamment établir leurs champs et rechercher du bois, certains habitants doivent désormais parcourir entre 17 et 20 kilomètres.
Face à cette situation, la question de la gestion durable des ressources forestières apparaît comme un enjeu majeur pour les autorités et les communautés locales. Le renforcement du contrôle de l’abattage, la sensibilisation des producteurs de charbon de bois et la promotion d’alternatives énergétiques pourraient contribuer à réduire la pression sur les forêts. À défaut de mesures adaptées, la poursuite de la production incontrôlée de « makala » risque d’accentuer la dégradation du couvert végétal et de rendre davantage difficile l’accès au bois de chauffage pour les populations de Bolobo.
Par Déogratias Makwala Mulefu
