Le processus de pacification du Grand Bandundu devrait connaître une nouvelle étape avec l’organisation annoncée d’un forum de dialogue réunissant les filles et fils de cette région. L’annonce a été faite lundi 17 août par le ministre délégué à la Défense nationale, Eliezer Ntambwe, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Présentant l’évolution de la situation sécuritaire dans le triangle Bandundu-Kinshasa-Kongo Central, le ministre délégué a fait état de progrès sur le terrain.

Selon les chiffres qu’il a communiqués, 72 villages auraient été pacifiés dans cette zone, dans le cadre des efforts engagés pour mettre fin aux violences qui ont marqué certaines parties du Grand Bandundu. Un forum pour privilégier le dialogue Au-delà des opérations de sécurisation et des actions de sensibilisation, Eliezer Ntambwe mise désormais sur le dialogue entre les différentes composantes de la communauté. Le forum annoncé devrait permettre aux filles et fils du Grand Bandundu de se retrouver autour des questions liées à la paix, à la coexistence et à la recherche de solutions durables aux différends.

Le ministre délégué a notamment plaidé pour une approche allant au-delà de la seule réponse judiciaire. Il s’est déclaré favorable au principe d’une justice transitionnelle, estimant que les notables et les différentes parties concernées devraient également pouvoir se retrouver autour d’une table pour favoriser la vérité et la réconciliation. Cette approche vise, selon lui, à s’attaquer aux causes profondes des tensions et à créer les conditions d’un retour durable à la stabilité.

Un conflit foncier présenté comme l’une des causes des violences Au cours du briefing, Eliezer Ntambwe a soutenu que les violences enregistrées dans cette partie du pays trouvent principalement leur origine dans des conflits fonciers, dont les manifestations se sont intensifiées depuis plusieurs années. Cette lecture du conflit intervient alors que les violences dans le Grand Bandundu ont impliqué différents acteurs et donné lieu à des déplacements de populations ainsi qu’à des affrontements. Le ministre a, dans ce contexte, appelé à une démarche de sensibilisation et de dialogue pour prévenir la résurgence des tensions.

Il a également reconnu l’existence de dérapages attribués à certains éléments des forces armées au cours de cette période, tout en évoquant des tensions et des perceptions négatives au sein de certaines communautés à l’égard des militaires. 596 personnes transférées à Kaniama Kasese et 146 armes remises S’agissant du processus de sortie de crise, le ministre délégué a indiqué que 596 personnes avaient été envoyées à Kaniama Kasese, dans le cadre du processus de sortie des groupes armés et de réinsertion.

Il a également fait état de la remise de 146 armes au vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale. Ces données, communiquées lors du briefing, s'inscrivent dans la stratégie présentée par le gouvernement pour favoriser la sortie des ex-miliciens de la brousse et réduire la circulation des armes dans les zones affectées par les violences. Eliezer Ntambwe a insisté sur la transparence du processus tel qu’il le présente, affirmant que les échanges avec les ex-miliciens n’avaient pas été menés clandestinement et que la presse avait été associée à certaines étapes de la démarche. Le retour encadré des populations au cœur des prochaines étapes Le ministre délégué a par ailleurs appelé les médias nationaux et internationaux à accompagner le programme de retour encadré des populations déplacées.

L’objectif affiché est de permettre aux personnes ayant fui les zones de tensions de regagner progressivement leurs localités dans des conditions susceptibles de limiter les risques de nouvelles confrontations. La question du retour des populations demeure en effet étroitement liée à la sécurité, à la résolution des différends fonciers et à la restauration de la confiance entre communautés.

La réussite de ce processus dépendra notamment de la capacité des autorités et des acteurs locaux à garantir la sécurité des personnes retournées et à prévenir de nouveaux conflits. Appel aux jeunes et aux acteurs politiques Dans son intervention, Eliezer Ntambwe a également lancé un appel aux jeunes à envisager l’intégration des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), présentée comme un moyen de contribuer à la défense de la patrie. Il a, dans le même temps, invité les acteurs politiques, toutes tendances confondues, à privilégier la paix, le dialogue et le vivre-ensemble dans le Grand Bandundu.

Ces appels interviennent alors que les autorités cherchent à consolider les avancées sécuritaires annoncées et à inscrire le retour à la stabilité dans une dynamique davantage axée sur la prévention des conflits et la réconciliation communautaire.

Les anciens combattants également au programme Le ministre délégué a enfin évoqué le projet de loi portant statut des anciens combattants, dont il a présenté brièvement certains avantages. Il a réaffirmé son engagement à œuvrer en faveur de l’amélioration de la situation sociale des anciens combattants, conformément à la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

Avec l’annonce de ce forum de dialogue, les autorités entendent ainsi ouvrir un nouveau chapitre dans le processus de pacification du Grand Bandundu. Après les initiatives de sensibilisation, de désarmement et de sortie des groupes armés, l’enjeu sera désormais de transformer ces avancées en une paix durable, notamment par le règlement des différends fonciers, le retour sécurisé des populations et le renforcement de la cohésion entre communautés.

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