La Journée mondiale de la photographie, célébrée ce mercredi 19 août 2026 à travers le monde, semble être passée presque inaperçue au Kasaï-Central. Dans la province, plusieurs professionnels de l’image déplorent l’absence d’activités dédiées à cette occasion et regrettent un manque de mobilisation autour d’un métier pourtant essentiel à la documentation de la vie sociale et de l’actualité.
Placée sous le thème « HOME » « Chez soi » cette journée constitue une occasion de mettre en valeur le travail des photographes, leur créativité ainsi que leur contribution à la conservation de la mémoire collective.
Mais au Kasaï-Central, l’ambiance est tout autre. Plusieurs photographes affirment ne pas avoir été suffisamment informés de l’existence de cette journée, tandis qu’aucune activité publique d’envergure n’aurait, selon leurs témoignages, été organisée pour la marquer.
Sous couvert d’anonymat, un professionnel de l’image déplore notamment l’absence d’initiative de la part des structures censées représenter les intérêts des photographes.
« Nous constatons qu’aucune activité n’a été organisée pour marquer cette journée, même un simple message d’encouragement ou de reconnaissance à l’endroit des photographes n’a été publié », déplore-t-il.»
Le professionnel met notamment en cause l’Association des photographes professionnels et l’Association des photographes professionnels reporters, auxquelles il reproche de n’avoir organisé ni rencontre, ni exposition, ni autre activité à l’occasion de cette journée.
Un secteur en quête de reconnaissance
Pour plusieurs acteurs du secteur, cette faible mobilisation révèle surtout les difficultés auxquelles reste confrontée la photographie professionnelle dans la province. Ils estiment que la Journée mondiale de la photographie aurait pu servir de cadre pour réunir les professionnels, échanger sur les réalités du métier, valoriser leurs productions et réfléchir aux perspectives d’avenir du secteur.
Au-delà de la simple prise de vue, la photographie joue pourtant un rôle majeur dans la documentation de l’histoire, la couverture de l’actualité et la préservation de la mémoire des communautés. Dans une province comme le Kasaï-Central, les photographes contribuent quotidiennement à rendre visibles les événements sociaux, culturels, politiques et économiques.
L’absence d’une mobilisation significative à l’occasion de cette journée est ainsi perçue par certains professionnels comme une occasion manquée de mieux faire connaître leur travail et de renforcer la cohésion au sein de la corporation.
Appel à une meilleure organisation
Les photographes interrogés souhaitent voir davantage d’initiatives consacrées à leur profession, notamment à travers des expositions, des ateliers de formation, des rencontres professionnelles et des espaces d’échanges sur les enjeux liés à la pratique de la photographie.
Ils appellent également les structures représentatives du secteur à renforcer leur communication et leur coordination afin que les grandes dates professionnelles ne passent plus inaperçues.
Alors que le thème « HOME » invite cette année à porter un regard particulier sur le chez-soi et les réalités qui façonnent les communautés, les professionnels de l’image du Kasaï-Central espèrent que cette journée servira aussi de déclic pour une meilleure reconnaissance de leur métier.
Pour eux, la photographie ne se limite pas à capturer des images : elle permet aussi de raconter une époque, témoigner d’une réalité et transmettre une mémoire aux générations futures.
Nestor ILO|Kananga
