Kinshasa, jeudi 18 juin 2026, La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) poursuit ses consultations autour de la question sensible de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Dans le cadre de cette démarche, l’Église catholique a auditionné, jeudi 18 juin, deux figures représentant les positions opposées sur cette question : l’opposant Delly Sessanga et le professeur Tshilumbayi Musau, proche de la majorité au pouvoir.

Au cours de ces échanges, la CENCO a recueilli les arguments des deux camps concernant l’opportunité ou non d’engager un processus de changement de la Constitution. Chaque partie a ainsi exposé sa lecture de la situation et les raisons qui motivent sa position sur l’avenir de la loi fondamentale du pays.

Cette initiative intervient en marge de l’Assemblée extraordinaire de la CENCO, qui examine notamment les enjeux nationaux majeurs. À l’issue de cette série de consultations, l’Église catholique entend rendre publique une position sur ce dossier qui continue de susciter des débats au sein de la classe politique et de la société congolaise.

Une médiation religieuse dans un débat politique sensible

Par cette démarche, la CENCO cherche à disposer d’une vision globale des arguments avancés par les différents acteurs avant de se prononcer. L’Église catholique, régulièrement impliquée dans les questions liées à la paix, à la démocratie et à la gouvernance en RDC, entend ainsi contribuer au débat national à travers une approche d’écoute.

La question de la modification de la Constitution divise profondément les acteurs politiques. Alors que certains estiment qu’une évolution du texte fondamental pourrait répondre aux réalités actuelles du pays, d’autres mettent en garde contre les risques d’une réforme constitutionnelle perçue comme précipitée ou motivée par des intérêts politiques.

La position de l’Église du Christ au Congo déjà exprimée

La démarche de la CENCO intervient également dans un contexte où l’Église du Christ au Congo (ECC), autre grande confession religieuse du pays et partenaire de la CENCO, a également mené des consultations sur cette question.

À l’occasion de sa 66ᵉ assemblée ordinaire de son conseil exécutif, l’ECC avait estimé que toute modification de la loi fondamentale devrait être précédée par un dialogue national inclusif. Cette position avait suscité des réactions critiques de la part de plusieurs acteurs de l’opposition, qui y voient une condition susceptible de retarder ou de compliquer le débat constitutionnel.

Alors que les discussions se poursuivent, l’avis attendu de la CENCO est désormais scruté par les différents protagonistes. Il pourrait constituer un élément important dans le débat national autour de l’avenir institutionnel de la RDC.

Par Scarpe MBUYAMBA Espérant|ELITE-NEWS.NET