Les chefs coutumiers du Kasaï-Central ont exprimé leur position sur le débat autour de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Réunis ce lundi 15 juin à Kananga au sein de l’Alliance des Autorités Traditionnelles du Congo (AATC), ils ont transmis un mémorandum au Président de la République, Félix Tshisekedi, dans lequel ils se prononcent en faveur du changement de la Constitution et sollicitent l’organisation des assises y relatives dans le chef-lieu du Kasaï-Central.
Vêtus de leurs tenues traditionnelles, les représentants des autorités coutumières ont officiellement remis leur document au gouverneur provincial Joseph Moïse Kambulu, chargé de le transmettre aux autorités compétentes. Cette démarche est portée par l’AATC, une structure dirigée par le chef Kalala Ka Tshishimbi, qui entend ainsi faire entendre la voix des détenteurs du pouvoir coutumier dans le débat institutionnel en cours.
Dans leur mémorandum, les chefs traditionnels proposent que les éventuelles assises consacrées à l’élaboration d’une nouvelle Constitution se tiennent à Kananga, en référence à l’histoire politique de la ville, qui avait accueilli en 1964 les travaux ayant conduit à l’adoption de la Constitution de Luluabourg.
Pour ces autorités coutumières, ce choix revêt une dimension historique et symbolique, Kananga étant considérée comme un lieu ayant marqué une étape importante de l’évolution institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Réagissant à cette initiative, le gouverneur Joseph Moïse Kambulu a salué une démarche qu’il a qualifiée de « patriotique » et a assuré que le mémorandum serait transmis fidèlement à qui de droit. Il a pris acte de la position exprimée par les chefs coutumiers tout en laissant la suite du processus aux institutions habilitées.
Cette prise de position intervient dans un contexte national marqué par des discussions autour de l’avenir du cadre constitutionnel congolais. Le débat sur une éventuelle modification ou révision de la Constitution suscite différentes réactions au sein de la classe politique, de la société civile et des forces vives du pays.
À travers leur mémorandum, les chefs coutumiers du Kasaï-Central rejoignent ainsi le débat institutionnel en mettant en avant leur vision du rôle des autorités traditionnelles dans les grandes orientations de la vie nationale.
Par Joseph Mabanza|Kananga
