La course à la succession du Secrétaire général des Nations unies António Guterres prend une nouvelle tournure avec l’entrée en scène de l’ancien président sénégalais Macky Sall.
Sa candidature relance immédiatement une question sensible dans les cercles diplomatiques : s’agit-il du grand retour de l’Afrique au poste le plus élevé de l’ONU, ou d’une nouvelle tentative qui risque de se heurter aux équilibres du système international ?
L’Afrique n’est pas étrangère à la direction des Nations unies. Le continent a déjà occupé ce poste prestigieux à deux reprises, avec Boutros Boutros-Ghali (1992–1996) puis Kofi Annan (1997–2006). Deux figures qui ont marqué l’histoire de l’organisation et renforcé la légitimité diplomatique africaine sur la scène mondiale.
Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall est perçue par certains comme une opportunité historique de raviver cet héritage et de repositionner l’Afrique au cœur de la gouvernance mondiale.
Cependant, la réalité du processus de sélection reste implacable. Le futur Secrétaire général devra être validé par le Conseil de sécurité des Nations unies, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto décisif.
Dans ce jeu diplomatique complexe, plusieurs observateurs estiment que la candidature africaine, bien que symboliquement forte, n’est pas encore soutenue de manière suffisamment unifiée par l’ensemble du continent. Les divisions politiques internes et les intérêts divergents des États africains affaiblissent souvent le poids collectif.
Cette situation relance une interrogation récurrente : l’Afrique est-elle en train de vivre un véritable retour stratégique ou simplement une répétition de candidatures prometteuses mais sans aboutissement ?
Car dans les précédentes courses, plusieurs profils africains ont été évoqués sans parvenir à franchir le filtre des équilibres diplomatiques internationaux.
Au-delà des candidatures, c’est le droit de veto des grandes puissances qui structure réellement le choix final. Aucune nomination ne peut aboutir sans l’accord tacite des membres permanents du Conseil de sécurité.
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET
