Le territoire de Beni La situation du carburant a brutalement dégénéré ce samedi 2 mai dans la cité frontalière de Kasindi, où le prix du litre d’essence à la pompe a connu une hausse spectaculaire, passant de 5 000 à 15 000 francs congolais, voire jusqu’à 20 000 FC dans certains points de vente.

Constatée aux environs de 14 heures, cette flambée soudaine a immédiatement provoqué des perturbations dans la mobilité des personnes et des biens. Transporteurs, motocyclistes et usagers ordinaires se retrouvent confrontés à une situation jugée « intenable », dans une zone déjà fragilisée par un contexte sécuritaire instable.

Mobilité paralysée, coût de la vie en hausse

L’impact de cette hausse ne s’est pas fait attendre. Les tarifs du transport en commun ont amorcé une augmentation, affectant directement les ménages. Dans cette partie du territoire de Beni, où les échanges commerciaux transfrontaliers jouent un rôle clé, le renchérissement du carburant menace de désorganiser l’économie locale.

« Tout devient plus cher du jour au lendemain », déplore un habitant interrogé sur place. « Même les produits de première nécessité risquent de suivre cette tendance. »

Des causes multiples dans un contexte tendu

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette envolée des prix. Parmi eux, les perturbations des circuits d’approvisionnement en produits pétroliers, exacerbées par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les difficultés d’accès à certaines zones et la dépendance aux importations via les frontières compliquent davantage la situation.

À cela s’ajoutent des pratiques spéculatives dénoncées par des usagers, certains opérateurs profitant de la rareté pour imposer des prix élevés sans régulation effective.

Goma, un contraste frappant

La situation à Kasindi contraste fortement avec celle observée à Goma, chef-lieu de la province, où le litre d’essence se négocie autour de 4 000 FC. Cet écart considérable alimente l’incompréhension et la colère des habitants de Kasindi, qui dénoncent une inégalité d’accès à un produit de première nécessité.

Certains évoquent même une « injustice économique », estimant que les populations des zones périphériques paient le prix fort d’un système de distribution déséquilibré.

Appels à l’intervention des autorités

Face à cette crise, des voix s’élèvent pour réclamer une intervention urgente des autorités provinciales et nationales. Les acteurs locaux appellent notamment à un renforcement du contrôle du marché des carburants, à la lutte contre la spéculation et à la sécurisation des voies d’approvisionnement.

Sans mesures rapides et efficaces, préviennent des observateurs, cette flambée des prix pourrait durablement entraver les déplacements, freiner les activités économiques et aggraver la précarité des populations dans cette zone stratégique du Nord-Kivu.

Récit : Jean-Pierre Matungulu|Nord-Kivu