L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a réaffirmé les limites du Parc national des Virunga à la suite de tensions survenues à Makisabo, localité située sur l’axe Beni–Kasindi, où des cultivateurs ont érigé des barricades le 1er avril pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une restriction de leurs terres agricoles.

Selon des sources locales, la circulation a été temporairement perturbée sur la route nationale n°4, axe stratégique reliant la ville de Beni à la frontière ougandaise. Les manifestants dénonçaient une délimitation qu’ils jugent défavorable à leurs activités, dans une zone marquée par une forte pression foncière.

Contacté, Méthode Uhoze, cadre de l’ICCN, a indiqué que les limites du parc reposent sur un cadre légal « clair et reconnu », précisant que la route nationale n°4 constitue une frontière naturelle dans cette partie du territoire. Il a également souligné que cette délimitation est le fruit d’un processus consultatif ayant impliqué les communautés locales ainsi que les autorités coutumières.

« Il ne s’agit pas d’une décision unilatérale. Les limites actuelles ont été établies conformément aux textes en vigueur, après concertation avec les parties prenantes », a-t-il affirmé.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Parc national des Virunga est l’une des aires protégées les plus anciennes et les plus riches en biodiversité d’Afrique. Toutefois, il est régulièrement confronté à des tensions avec les populations riveraines, en raison notamment de l’accès aux terres et aux ressources naturelles.

Face à la situation, l’ICCN appelle les populations locales au respect des limites établies, tout en se disant disposé à poursuivre le dialogue. L’institution insiste sur la nécessité de concilier les impératifs de conservation avec les besoins de développement des communautés environnantes.

Aucun incident majeur n’a été signalé à l’issue des manifestations, mais la situation reste suivie de près par les autorités locales, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans la région de Beni.

Jean-Pierre Matungulu/Nord-Kivu