Le retard enregistré dans l’exécution de la route Kananga–Kalamba-Mbuji, ainsi que les conditions de circulation sur cet axe stratégique, ont été au cœur des échanges entre la Direction générale de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) et une délégation de députés provinciaux du Kasaï-Central, jeudi 8 octobre 2026.

Reçus par le directeur général de l’ACGT, l’Ir. Nico Nzau Nzau, dans la salle de réunion de l’immeuble Paul Panda, communément appelé « Tembe na Tembe », les élus provinciaux ont présenté plusieurs préoccupations liées à l’évolution du chantier.

Le retard dans l’exécution des travaux, la praticabilité de certains tronçons, l’état des ponts et autres ouvrages de franchissement, mais également les questions relatives à la gestion et au coût du projet ont notamment été abordés au cours de cette rencontre.

Huit mois de retard reconnus

Face aux préoccupations des élus, le directeur général de l’ACGT a reconnu un retard d’environ huit mois dans l’exécution du projet. Ce décalage serait principalement lié à des difficultés opérationnelles rencontrées au cours de la mise en œuvre des travaux.

L’Agence assure toutefois vouloir mettre en place les dispositions nécessaires afin de rattraper progressivement le retard et de réduire son impact sur le calendrier général du chantier.

« L’essentiel pour nous est d’avoir la route terminée et de faire du bon travail, a déclaré l’Ir. Nico Nzau Nzau.»

Alors que la mise en service de l’infrastructure avait été annoncée pour 2027, ce retard pourrait entraîner un ajustement du calendrier initial. L’ACGT entend néanmoins accélérer l’exécution des travaux tout en maintenant les exigences liées à la qualité, à la sécurité et à la durabilité de l’ouvrage.

Des travaux provisoires pour maintenir la circulation

La praticabilité de l’axe Kananga–Kalamba-Mbuji a également occupé une place importante dans les discussions.

La Direction générale de l’ACGT a expliqué que certaines interventions actuellement réalisées sur le terrain présentent un caractère provisoire. Elles visent notamment à maintenir la circulation sur les tronçons concernés par les travaux, dans l’attente de la construction des ouvrages définitifs.

Les ponts et autres ouvrages de franchissement ont également fait l’objet d’échanges entre les deux parties. L’ACGT a assuré que ces infrastructures sont intégrées au projet et que l’objectif demeure de construire des ouvrages plus durables, sécurisés et adaptés à l’évolution du trafic sur cet axe.

Près de 6 millions USD annoncés pour l’accompagnement social

Les discussions ne se sont pas limitées aux infrastructures routières. L’accompagnement des populations riveraines et des communautés affectées par le projet a également été évoqué.

Une enveloppe estimée à près de 6 millions de dollars américains est prévue pour les actions sociales liées au projet. Les priorités devraient être définies en concertation avec les autorités provinciales, afin de répondre aux besoins jugés les plus urgents dans les zones concernées.

Les députés provinciaux ont, de leur côté, plaidé pour un renforcement de cet accompagnement. Ils ont notamment évoqué la possibilité de prendre en compte certains frais dans le budget provincial, ainsi que la contribution à la réalisation d’infrastructures sociales, dont un centre de santé et notamment une maternité au profit des populations riveraines.

Les députés demandent un suivi régulier

À l’issue de la rencontre, les élus provinciaux ont salué la disponibilité du directeur général de l’ACGT et les explications fournies sur l’état d’avancement du projet.

Ils ont réaffirmé leur volonté d’accompagner la réalisation de cette infrastructure tout en appelant à un suivi régulier de l’évolution des travaux, en collaboration avec l’Agence et les équipes techniques déployées sur le terrain.

Pour les députés provinciaux, la route Kananga–Kalamba-Mbuji constitue un axe stratégique pour le Kasaï-Central. Sa réalisation est appelée à améliorer la circulation des personnes et des marchandises, à faciliter les échanges commerciaux et à contribuer au désenclavement de plusieurs territoires.

La rencontre entre les élus et la direction générale de l’ACGT traduit ainsi la volonté de maintenir un dialogue autour de ce chantier, malgré les difficultés enregistrées dans son exécution.

À l’issue des échanges, un membre de la délégation des députés provinciaux a également accordé une interview consacrée aux principales attentes des élus vis-à-vis de l’ACGT.

Pour l’Agence, la priorité reste désormais de rattraper progressivement les huit mois de retard, accélérer le rythme des travaux et parvenir à la livraison d’une infrastructure durable et sécurisée, répondant aux enjeux de mobilité et de développement du Kasaï-Central.

Par Nestor ILO