Se déplacer dans le territoire de Mwenga relève désormais du parcours du combattant. Entre routes fortement dégradées, flambée des prix des denrées de base et contrôles à répétition, la population, déjà éprouvée par la guerre, voit son quotidien se compliquer un peu plus chaque mois.

Des axes à bout de souffle

Autour de Kasika et sur la RN2, les voyageurs affrontent des tronçons en très mauvais état, ponctués de barrières et de postes de contrôle. En août 2026, la société civile de Mwenga tirait encore la sonnette d'alarme : l'état très avancé de dégradation de la RN2 rendait certains passages impraticables.

Les conséquences se lisent d'abord sur les marchés. À Kamituga, le litre d'essence serait passé de 3 500 à 9 000 francs congolais. Le gobelet de riz est monté de 3 000 à 6 000 francs, celui de haricots de 3 000 à 5 500 francs. Autant de hausses qui pèsent lourdement sur des ménages aux revenus modestes.

« Cette route est devenue un enfer »

Pour les commerçants rencontrés dans la région, l'état de la chaussée n'est qu'une partie du problème. Sur l'axe partant de Kasika, l'un d'eux résume l'exaspération ambiante :

« Cette route est un enfer. À partir du moment où nous sortons des zones contrôlées par les rebelles du M23, nous rencontrons nos propres fils qui nous traitent ainsi. »

Ce témoignage reflète une frustration que dénoncent depuis plusieurs mois les usagers et les organisations de la société civile : celle de voir des hommes censés assurer leur sécurité devenir, selon leurs récits, une source de tracasseries.

Des barrières qui renchérissent la vie

Chaque paiement exigé en chemin alourdit la facture des transporteurs et des commerçants. Cette charge se répercute mécaniquement sur le coût du transport et, à terme, sur le prix des marchandises, que le consommateur final finit par supporter.

Le phénomène n'est pas neuf. En avril 2026, plus de cinquante barrières avaient été recensées sur la RN2. Une décision locale avait alors été prise pour en supprimer la majorité. Selon les usagers, elle est restée sans effet notable à ce jour.

Un malaise qui dépasse la route

Au-delà de l'économie, c'est la cohésion sociale qui pourrait être mise à l'épreuve. Des commerçants confient craindre qu'à force de cumuler les effets de la guerre, des routes impraticables et des prélèvements, certains voyageurs en viennent à comparer le traitement qui leur est réservé selon les zones traversées, et à juger, par contraste, les territoires sous contrôle de l'AFC/M23 moins pénibles à parcourir.

Cette perception ne traduit pas une adhésion à ce mouvement. Elle exprime avant tout, dans les témoignages recueillis, un profond malaise face aux conditions imposées aux populations dans les zones tenues par les forces gouvernementales et leurs alliés.

Une question qui reste sans réponse

La question posée par les habitants est simple : si ceux qui doivent défendre la population contribuent eux-mêmes à alourdir son quotidien, vers qui celle-ci peut-elle se tourner pour être protégée ? Pour l'heure, les autorités n'ont pas apporté de réponse à cette interrogation.

Basubi wa Basubi, depuis Mwenga – Kamituga