Le chantier du nouveau pont Lunyeka, situé dans le secteur de l’Entre-Kasaï-Lunyeka, dans le territoire de Tshikapa, affiche désormais un taux d’exécution de plus de 60 %. Lancés il y a un peu plus de deux mois pour un délai contractuel de quatre mois, les travaux avancent à un rythme soutenu, avec pour objectif de doter cet axe d’un ouvrage plus solide et mieux adapté aux exigences de la circulation. À travers ce projet, le gouverneur du Kasaï, Crispin Mukendi, entend contribuer au désenclavement de plusieurs zones et faciliter la mobilité des personnes ainsi que l’acheminement des marchandises.
Ce constat a été fait par Maître Augustin Mulumba Kamba, assistant personnel du gouverneur de province, qui a conduit une forte délégation sur place pour s'imprégner de l'état d'avancement des travaux.
Sur le terrain, les équipes s’activent autour de la prochaine étape majeure du chantier : l’assemblage des éléments du nouveau pont. Selon l’ingénieur Emmanuel Motoko, chef de division Construction des ponts, l’évolution des travaux est satisfaisante.
« Les travaux avancent très bien. Selon notre planning, la semaine prochaine, nous allons commencer à rassembler les éléments du pont », explique-t-il.
Cette opération devra être suivie du lancement proprement dit de l’ouvrage, qui consistera à faire progresser progressivement la structure au-dessus de la rivière jusqu’à l’autre rive.
Le projet marque surtout un saut qualitatif en matière de capacité portante. L’ancien pont Bailey, dont la capacité est estimée à environ 15 tonnes, sera remplacé par un pont Matier pouvant supporter jusqu’à 45 tonnes, avec une largeur de 4,20 mètres. Cette nouvelle infrastructure devrait ainsi améliorer la circulation des véhicules, notamment ceux affectés au transport des marchandises, et réduire les contraintes liées aux limites de l’ancien ouvrage. Pour les usagers, l’enjeu dépasse donc la simple réhabilitation d’un pont : il s’agit de renforcer un maillon important de la mobilité et des échanges dans cette partie du Kasaï.
Le chantier reste toutefois confronté aux réalités du terrain et aux impératifs de financement. Installé dans une zone marécageuse, le site nécessite notamment des travaux de rechargement et l’aménagement de drains pour faciliter l’évacuation des eaux et garantir la stabilité de l’ouvrage. Par ailleurs, le niveau d’exécution des travaux, supérieur à celui du financement actuellement mobilisé, estimé à environ 50 %, constitue un point de vigilance. Les responsables techniques se montrent néanmoins optimistes quant à une livraison avant l’expiration du délai de quatre mois, à condition que les ressources financières nécessaires soient rapidement disponibles.
Au-delà de l’infrastructure, le projet entend également produire des retombées directes pour les communautés riveraines. Des orientations ont été données afin de favoriser le recours à la main-d’œuvre locale dans les différentes activités du chantier. Avec les éléments du nouveau pont déjà disponibles sur le site, l’assemblage puis le lancement du pont Matier constituent désormais les prochaines échéances majeures. Pour l’exécutif provincial, la modernisation du pont Lunyeka s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de désenclavement du Kasaï, d’amélioration des axes de transport et de soutien aux échanges économiques entre les différentes communautés.
Espérant Mbuyamba et Albert Muata
