À l’aire de santé de Mpasa 2, dans la zone de santé de N’sele, commune portant le même nom,dans la ville province de Kinshasa, la lutte contre le paludisme prend désormais une dimension plus communautaire et inclusive. Vendredi 22 mai 2025, l’Association Corps des Jeunes contre le Paludisme, coordination de Kinshasa, a organisé une importante descente communautaire dans le cadre du projet GEF axé sur l’égalité de genre dans la lutte contre le paludisme.

Cette activité du deuxième trimestre a réuni plus de 60 participants, parmi lesquels des pères, des mères, des jeunes filles et des jeunes garçons, autour d’un dialogue participatif basé sur la carte de score communautaire. L’objectif était :

✓évaluer les performances des actions de lutte contre le paludisme, ✓identifier les indicateurs sous-performants et analyser les écarts observés sur le terrain, avec un accent particulier sur la dimension genre.

Au cours des échanges, les participants ont mis en avant l’importance d’impliquer davantage les femmes, les jeunes et les familles dans les stratégies de prévention et de sensibilisation contre la malaria.

Les focus groups organisés ont également permis de renforcer la compréhension des réalités sociales qui freinent encore l’accès équitable aux soins de santé dans plusieurs quartiers dans l’aire de santé Mpasa 2.

La communauté a salué cette initiative qu’elle considère comme un espace d’écoute et d’expression citoyenne, plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées par les habitants de Mpasa 2. Parmi les défis évoqués figurent : 

✓le manque de soins attentionnés dans certaines structures sanitaires, ✓l’insuffisance des infrastructures médicales

✓l’indisponibilité régulière des médicaments antipaludéens ainsi que ✓les difficultés d’accès aux soins liées aux coûts élevés des consultations et des traitements.

Les participants ont également dénoncé ✓l’insalubrité persistante dans plusieurs zones du quartier, favorisant la prolifération des moustiques, principaux vecteurs du paludisme. À cela s’ajoute ✓le climat d’insécurité qui complique parfois les interventions sanitaires et les déplacements des populations vers les centres de santé.

L’activité s’est déroulée en présence des autorités sanitaires locales, notamment des représentants de la zone de santé de N’sele, de la Division provinciale de la santé (DPS) Kinshasa, du Comité de développement de l’aire de santé (CODESA) ainsi que de l’IT Mpasa 2.

Leur participation a permis de consolider le dialogue entre les communautés et le système de santé, dans une approche basée sur la redevabilité communautaire et la recherche de solutions concertées.

La rencontre s’est clôturée dans une ambiance conviviale, marquée par un appel pressant adressé aux partenaires techniques et financiers afin d’intensifier leur accompagnement dans la lutte contre le paludisme.

Les premiers effets du dialogue communautaire se font déjà sentir. La population a salué l’initiative de ces jeunes, estimant qu’elle porte ses fruits : une sentinelle a été recrutée pour sécuriser la structure sanitaire, et plusieurs femmes et filles déclarent désormais pouvoir prendre part aux décisions qui les concernent. Sur le terrain, certains relais communautaires ont entamé des visites dans plusieurs quartiers, signe tangible de l’apport concret du projet.

Dans son allocution, la coordonnatrice Ruth Mpanya a rappelé que chaque action communautaire, aussi modeste soit-elle, représente une contribution essentielle pour réduire l’impact de cette maladie qui demeure l’une des premières causes de morbidité en République démocratique du Congo.

Prenant la parole, Jean-Paul Kabi Mpumbue chargé de programme chez CJP ASBL, a souligné que ce projet mis en place grâce au financement de Fonds mondial à travers ALMA, avec pour ambition de promouvoir une réponse plus équitable, participative et sensible au genre dans la lutte contre le paludisme à Kinshasa et dans d’autres communautés vulnérables du pays.

Par Scarpe MBUYAMBA Espérant|ELITE-NEWS.NET