Un mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo dans l’est de la République démocratique du Congo, la situation demeure préoccupante. Le dernier bilan officiel communiqué par le ministère de la Santé, arrêté au 16 juin, fait état de 837 cas confirmés et de 196 décès, soit une létalité provisoire de 23,4 %.
L’Ituri reste l’épicentre de la flambée épidémique avec 91,6 % des cas recensés. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont également touchées. Au 18 juin à la mi-journée, heure de Kinshasa, aucun nouveau bilan officiel n’avait encore été publié par les autorités sanitaires.
Sur le terrain, les efforts de riposte se poursuivent avec un dispositif qui s’est progressivement renforcé. Environ 400 lits sont actuellement disponibles pour la prise en charge des patients et quatre laboratoires sont opérationnels, dont deux disposent d’une capacité d’analyse pouvant atteindre près de 1 000 échantillons par jour.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que la réponse repose sur onze piliers, allant de la surveillance communautaire à la prise en charge médicale, psychosociale et nutritionnelle des malades, de leurs familles et des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.
Malgré ces avancées, l’agence onusienne estime que les moyens restent largement insuffisants face à l’ampleur de la crise. « Dans l’objectif que doit être cette riposte, sur une échelle de 0 à 10, je pourrais dire que nous sommes au niveau 3 ou 4 », a déclaré la docteure Rose Belizaire, directrice régionale par intérim des urgences de l’OMS pour l’Afrique, dans un entretien accordé à ONU Info.
Elle a notamment alerté sur le déficit en ressources humaines et en moyens logistiques, alors que la propagation du virus se poursuit rapidement.
Cette épidémie est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo, une souche pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe actuellement. Le vaccin Ervebo, utilisé lors des précédentes flambées dans l’est de la RDC, cible uniquement la souche Zaïre. La prise en charge repose donc essentiellement sur des soins de soutien et un traitement symptomatique.
L’OMS observe également une évolution du profil des personnes touchées. Les femmes représentent désormais la catégorie la plus affectée, tandis que le nombre de cas enregistrés chez les enfants est en augmentation.
Les agents de santé continuent eux aussi de payer un lourd tribut. L’antenne de l’Ordre national des infirmiers du Congo en Ituri a dénoncé, le 15 juin, des recrutements effectués sans vérification suffisante des qualifications ainsi que des actes d’agression visant les équipes médicales.
« À la date du 13 juin 2026, 23 prestataires de santé, dont des infirmiers et des médecins, sont officiellement décédés dans l’exercice de leurs fonctions », a indiqué Timothée Kosianza, vice-président provincial de cette organisation. Une équipe de riposte avait notamment été prise pour cible à Rwampara au début du mois.
Dans le Nord-Kivu, les autorités sanitaires provinciales rapportent également qu’une femme et son enfant testé positif ont été emmenés par des hommes armés le 15 juin, illustrant les difficultés sécuritaires auxquelles sont confrontées les équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie.
La crise dépasse désormais les frontières congolaises. Lors d’un sommet virtuel tenu le 16 juin, le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a appelé à une réponse régionale coordonnée sous la conduite d’Africa CDC.
La RDC et l’Ouganda ont convenu de renforcer leur collaboration avec le déploiement d’équipes conjointes le long de la frontière d’Aru et d’Arua, ainsi que la gestion commune d’un centre de traitement. L’Ouganda a enregistré 19 cas confirmés et deux décès, tous liés à des voyageurs en provenance de RDC.
Pour l’heure, l’OMS ne recommande aucune restriction sur les voyages ou les échanges commerciaux avec les deux pays, estimant que de telles mesures ne sont pas justifiées par la situation épidémiologique actuelle.
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