Le mouvement Rien Sans les Femmes (RSLF) a fermement condamné les actes de violence et d’humiliation infligés à deux adolescentes accusées de sorcellerie dans le territoire de Luebo, en province du Kasaï.

Les faits se sont déroulés dans le village de Konyi, situé dans le groupement Bakua Kasua, secteur de Luebo-Lulengele. Selon plusieurs sources locales, les deux jeunes filles ont été publiquement déshabillées au cours d’une cérémonie coutumière après avoir été accusées de pratiques de sorcellerie.

Réagissant à cette situation, la point focale provinciale du mouvement Rien Sans les Femmes au Kasaï, Mme Sylvie Kafunda, a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie d’atteinte grave à la dignité humaine et aux droits des femmes.

« Je suis profondément indignée de constater qu’au XXIᵉ siècle, certaines pratiques coutumières continuent à déshonorer la femme et à porter atteinte à sa pudeur. Comme le montre une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, deux jeunes filles accusées de sorcellerie ont été dévêtues publiquement lors d’une cérémonie dirigée par le chef de groupement Tshifuembe et certains membres de sa notabilité », a-t-elle déclaré.

Pour Mme Kafunda, cette pratique constitue une violation des droits fondamentaux de la femme et de l’enfant. Elle appelle les autorités compétentes à prendre toutes les dispositions nécessaires afin que les auteurs de ces actes répondent de leurs responsabilités devant la justice.

De son côté, la société civile de Luebo a également dénoncé ces agissements qu’elle juge contraires aux valeurs de respect de la dignité humaine. Elle invite les services de l’État ainsi que les organisations œuvrant dans la lutte contre les violences basées sur le genre à s’impliquer activement dans le suivi de ce dossier.

Malgré les accusations portées contre elles, les deux femmes adolescentes continuent de clamer leur innocence. Selon les témoignages recueillis sur place, elles ont affirmé à plusieurs reprises ne pas être impliquées dans les faits de sorcellerie qui leur sont reprochés.

Cette affaire suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique locale et relance le débat sur la persistance de certaines pratiques traditionnelles portant atteinte aux droits des femmes.

Par Lydia Fuamba|Tshikapa