À l’occasion de la clôture du mois dédié aux droits des femmes, l’écosystème Kasaï a organisé, le 8 avril 2026, une vaste campagne de sensibilisation à Tshikapa, visant à informer les populations — en particulier les femmes — sur leurs droits et les dispositifs légaux existants pour leur protection.
Au cœur de cette initiative figurait la vulgarisation de la loi n°22/065 du 26 décembre 2022, un texte jugé fondamental dans l’encadrement des mécanismes de protection des victimes en République démocratique du Congo. Les organisateurs ont insisté sur l’importance de rendre cette loi accessible et compréhensible, dans un contexte où elle reste encore largement méconnue par une frange importante de la population.
Selon Papy Mbaya, représentant de l’écosystème Kasaï, près de 1 000 personnes ont été directement touchées par cette campagne. Parmi elles, de nombreuses femmes ayant subi des violences, notamment en lien avec le phénomène Kamuina Nsapu, qui a profondément marqué la région ces dernières années.
Pour ces survivantes, l’activité a constitué à la fois un cadre d’information sur leurs droits et un espace d’écoute et de reconnaissance de leurs expériences. Les échanges ont permis d’aborder les voies de recours disponibles ainsi que les démarches à entreprendre pour accéder à la justice et aux mécanismes de réparation.
Au-delà de l’aspect strictement juridique, les messages délivrés ont mis en avant la résilience individuelle et collective. Les participantes ont été encouragées à s’engager dans un processus de reconstruction durable, tout en revendiquant activement leurs droits.
L’activité s’est déroulée dans une dynamique de forte mobilisation communautaire, soutenue par l’organisation d’une caravane motorisée ayant parcouru plusieurs axes de la ville. Cette approche a permis d’élargir la portée de la sensibilisation et d’atteindre un public diversifié.
À travers cette initiative, les acteurs locaux entendent renforcer l’appropriation des outils juridiques par les populations et réduire le déficit d’information, considéré comme un frein majeur à l’accès à la justice dans la province du Kasaï.
Par Lydia Fuamba/Tshikapa