Les pratiques de contrôle de certains agents de la Police de circulation routière (PCR) suscitent des plaintes parmi les conducteurs de motos dans la ville de Bandundu. Dénonçant des interpellations qu'ils jugent abusives et des amendes pouvant atteindre 150 000 francs congolais, les représentants de cette corporation ont sollicité l'intervention du gouverneur du Kwilu, le Dr Philippe Akamituna Ndolo, afin de trouver une issue à cette situation.

Reçue en audience par le chef de l'exécutif provincial, la délégation des motocyclistes a exposé plusieurs préoccupations liées aux méthodes de contrôle routier de certains éléments de la PCR. À cette occasion, leur représentant a notamment dénoncé des poursuites policières jusque dans les avenues et les quartiers de la ville, au cours desquelles des conducteurs seraient interpellés dans des conditions qu'il estime préoccupantes.

Selon les griefs présentés au gouverneur, les amendes infligées pour diverses infractions routières oscilleraient entre 100 000 et 150 000 francs congolais. Les représentants des motocyclistes affirment également que les opérations d'interpellation se seraient intensifiées depuis le début du mois de novembre, perturbant ainsi leurs activités quotidiennes.

Au-delà du montant des sanctions financières, les conducteurs mettent particulièrement en cause certaines méthodes d'intervention. Leur représentant a évoqué des situations dans lesquelles des agents de la circulation poursuivraient des motocyclistes roulant à vive allure avant de tenter de les arrêter.

Des pratiques qui, si elles sont avérées, pourraient exposer les conducteurs concernés ainsi que les autres usagers de la route à des risques d'accident. Le gouverneur annonce des échanges avec la hiérarchie policière Face à ces préoccupations, Philippe Akamituna Ndolo a annoncé son intention de prendre contact avec la commissaire divisionnaire adjointe de la Police nationale congolaise (PNC) au Kwilu, la générale Angel Yangbonga Kazomba, afin d'examiner les plaintes formulées par les motocyclistes et d'échanger sur les conditions dans lesquelles s'effectuent les contrôles routiers.

Cette démarche annoncée par le gouverneur devrait permettre d'aborder les difficultés soulevées par les conducteurs et de favoriser un dialogue avec la hiérarchie policière, dans l'objectif de promouvoir des interventions conformes aux exigences de sécurité et de discipline.

Le chef de l'exécutif provincial a, par ailleurs, appelé les motocyclistes au calme et à la préservation de la paix. Il leur a rappelé la nécessité de respecter les lois et règlements de la République démocratique du Congo, particulièrement les dispositions relatives à la circulation routière.

Entre application du Code de la route et prévention des abus Cette audience remet au premier plan la question des rapports entre les services de la PCR et les conducteurs de motos à Bandundu. Si le respect du Code de la route constitue une obligation pour tous les usagers, les opérations de contrôle doivent également se dérouler dans le respect des procédures applicables et des règles de sécurité.

Les plaintes présentées au gouverneur soulèvent ainsi deux enjeux : la nécessité de faire respecter les prescriptions routières et celle de prévenir les éventuels abus dans les méthodes d'interpellation et de sanction. À l'issue de cette rencontre, les motocyclistes attendent des suites concrètes à leur démarche.

Les échanges annoncés entre le gouverneur et la hiérarchie provinciale de la PNC sont désormais attendus pour examiner les faits dénoncés, clarifier les modalités des contrôles et contribuer à l'apaisement des relations entre policiers et conducteurs de motos.

Par Déogratias Makwala Mulefu à Bandundu