À Bokebeni, Insense, Lobeke, Mpanze et Botaka, communiquer par téléphone relève du parcours du combattant. Excédés par une situation qui perdure depuis près de deux décennies, les habitants interpellent les autorités et les opérateurs de téléphonie mobile pour obtenir une solution durable.
Dans plusieurs villages situés aux environs d’Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, l’accès au réseau de téléphonie mobile demeure un véritable défi. Pour passer un appel ou tenter d’envoyer un message, certains habitants doivent grimper dans un arbre ou suspendre leur téléphone, placé dans un sachet en nylon, au bout d’un long poteau afin de capter un signal.
Les réseaux de Vodacom, Orange et Airtel sont notamment concernés par les difficultés de couverture signalées dans ces localités. Bokebeni, Insense, Lobeke, Mpanze et Botaka figurent parmi les villages les plus touchés. Pour leurs habitants, cette situation complique les échanges quotidiens et accentue leur sentiment d’isolement, alors qu’ils vivent à proximité du chef-lieu provincial.
Contacté par notre rédaction, le chef coutumier Bokumbe déplore la persistance de ce problème, qui dure, selon lui, depuis environ 20 ans. Il affirme que plusieurs démarches ont déjà été entreprises auprès des députés et de personnes de bonne volonté, sans qu’une solution satisfaisante soit trouvée jusqu’à présent.
« Nous sommes pénalisés depuis environ 20 ans par ce problème. Nous avons fait plusieurs déclarations chez nos députés et auprès des personnes de bonne volonté, mais jusqu’à présent aucune solution. Pourtant, nous sommes à proximité de la ville d’Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe. Nous attendons une réponse des autorités, elle sera la bienvenue », déplore-t-il.
Les difficultés de communication ne se limiteraient pas aux villages environnants. D’après plusieurs témoignages recueillis, la ville d’Inongo elle-même connaît des perturbations, caractérisées par des coupures fréquentes et une qualité de réseau jugée instable. Une situation qui soulève des interrogations sur la couverture et la qualité des services de télécommunications dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Face à cette réalité, les habitants sollicitent l’intervention des autorités provinciales, de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), ainsi que des opérateurs Vodacom, Orange et Airtel. Ils attendent des mesures concrètes pour améliorer la couverture du réseau et garantir un accès plus fiable aux services de communication.
Pour ces populations, l’enjeu dépasse le simple confort d’utilisation du téléphone : il s’agit de pouvoir communiquer normalement avec leurs proches et de ne plus être contraints de grimper aux arbres ou d’improviser des installations pour capter un signal. Après près de 20 ans de difficultés, les habitants espèrent enfin une réponse à leurs préoccupations.
Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe, correspondants à Inongo
