À quelques mètres des étals où l'on découpe et vend la viande, les immondices s'entassent. Au marché central d'Inongo, l'état d'insalubrité de l'abattoir inquiète de plus en plus les usagers et les riverains, qui redoutent une catastrophe sanitaire.
Des déchets à deux pas de la viande
Sur place, le constat est alarmant. Plastiques, restes d'animaux, eaux stagnantes et autres détritus s'accumulent aux abords de l'abattoir, à proximité immédiate des lieux où la viande destinée à la consommation est découpée puis commercialisée.
Cette proximité fait craindre des risques sérieux pour l'hygiène et la santé publique. Vendeurs, clients et habitants des environs sont tous exposés.
« On n'achète plus de la nourriture, mais des maladies »
Contacté par notre rédaction, Fabrice Ntuku Lupwa, professionnel de santé, n'a pas mâché ses mots.
« La vie n'a pas de prix. L'abattoir de notre marché central est devenu un lieu où on n'achète plus de la nourriture, mais où on achète différentes maladies telles que la typhoïde, le choléra et bien d'autres encore », a-t-il alerté.
Un cadre de vie dégradé
Pour les riverains, le calvaire est quotidien. Mauvaises odeurs persistantes, prolifération de mouches, de cafards et de rats : les nuisibles ont élu domicile dans le voisinage de l'abattoir. Une situation qui, selon eux, détériore leur cadre de vie et alimente une inquiétude permanente au sein des familles.
La population interpelle les autorités
Face à cette situation, les habitants s'adressent directement au maire de la ville d'Inongo ainsi qu'aux responsables du marché central. Ils réclament des mesures urgentes pour restaurer des conditions d'hygiène et d'assainissement acceptables.
Ils plaident également pour l'implication des services compétents, des environnementalistes et des responsables de l'assainissement, afin de mettre en place un système durable de gestion et d'évacuation des déchets.
Pour les usagers du marché comme pour les riverains, l'assainissement de l'abattoir n'est plus un luxe, mais une nécessité. Il en va de la préservation de la santé publique et du droit à un environnement sain.
Par Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe, correspondants à Inongo / Maï-Ndombe
