Les autorités traditionnelles de la province du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo, ont haussé le ton ce lundi 26 octobre 2026, contre l'ancien président Joseph Kabila désormais chef de fil d'un groupe rebelle installé dans l'Est du pays.

Dans une déclaration lue à Tshikapa, ils ont condamné toute tentative de déstabilisation des institutions de la République démocratique du Congo, rejeté l'entrée en rébellion d'un ancien chef de l'État et ils demandent que ce dernier soit déchu de la nationalité congolaise.

Les autorités traditionnelles se posent en gardiennes de la cohésion sociale.

« Nous, chefs coutumiers et traditionnels de la province du Kasaï, réaffirmons notre rôle de garants de la paix, de l'unité des communautés et de la stabilité sociale », ont-ils déclaré.

Elles ont également exprimé leur attachement « aux institutions de la République légalement établies » et leur soutien au président Félix Tshisekedi, dont elles disent reconnaître la légitimité, issue des urnes. Elles condamnent « fermement » toute démarche visant à renverser l'ordre constitutionnel.

Le passage le plus tranchant de la déclaration vise directement le président honoraire de la RDC. « Nous rejetons totalement l'entrée en rébellion de Monsieur Joseph Kabila, président honoraire de la République démocratique du Congo, un acte de très haute trahison envers la patrie, dicté par l'opportunisme politique », ont affirmé les signataires.

Dans la foulée, ils réclament sa déchéance de nationalité : « Nous demandons la déchéance de sa nationalité congolaise, dont il est devenu indigne. »

Les chefs traditionnels mettent en garde la population du Kasaï contre les « manipulations politiques » et contre les discours qui pourraient alimenter le recrutement au sein des groupes rebelles. Ils s'adressent plus particulièrement à la jeunesse kasaïenne, invitée à se tenir à l'écart de « toute aventure violente » et à s'investir dans le développement du pays.

Ces notables saluent par ailleurs l'appel au dialogue lancé par le chef de l'État, qu'elles voient comme la voie privilégiée pour préserver l'unité nationale et régler les différends politiques. Elles plaident pour la concertation et la parole plutôt que pour le recours aux armes.

Les gardiens de temples  traditionnels apportent  un message de soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC) et à la Police nationale congolaise (PNC), dont les chefs coutumiers saluent la mission de protection des frontières et des citoyens.

Espérant Scarpe MBUYAMBA