Le gouvernement congolais est intervenu sur le marché de la farine de maïs au Kasaï-Oriental. Par l'intermédiaire du FOREC, il a engagé l'approvisionnement de Mbuji-Mayi en farine subventionnée, afin de freiner la hausse des prix et de soulager les ménages.
Un sac de 25 kg à 20 000 FC
Selon le ministère de l'Économie nationale, le sac de 25 kg est cédé à 20 000 francs congolais (FC), soit 800 FC le kilo. L'objectif d'approvisionnement est fixé à 2 500 tonnes par mois, l'équivalent de 100 000 sacs de 25 kg.
Le « méka » a pu doubler de prix
L'opération fait suite aux alertes de TALO, le dispositif de suivi des prix du ministère de l'Économie nationale. L'outil a relevé une forte progression du prix de cette denrée de base. La mesurette de farine de maïs, appelée localement « méka », se vendait auparavant entre 2 500 et 3 000 FC. Elle a atteint 5 000 FC sur certains marchés, soit une hausse pouvant aller jusqu'à 100 %.
Pour de nombreuses familles, la farine de maïs est un aliment du quotidien. Une telle envolée pèse directement sur le budget alimentaire, surtout dans un contexte de hausse générale des prix.
Une réponse rapide, des inconnues à lever
L'initiative a le mérite de montrer que le dispositif de veille des prix débouche sur une action concrète. Plusieurs questions restent cependant ouvertes, et c'est d'elles que dépendra l'impact réel de l'opération :
Accès : où la farine sera-t-elle vendue, et à qui ? Les ménages les plus modestes y auront-ils réellement accès ?
Contrôle : comment éviter que les stocks subventionnés soient détournés ou revendus plus cher sur les marchés ?
Durée : l'objectif de 2 500 tonnes par mois sera-t-il tenu, et jusqu'à quand ?
Effet sur les prix : la mesure suffira-t-elle à faire reculer les prix du « méka » sur les marchés, ou ne touchera-t-elle que les consommateurs qui achètent au sac ?
Un test pour l'action publique
Au-delà de l'urgence, l'opération pose la question de la durabilité. Une subvention ponctuelle peut calmer la pression sur les prix, mais elle ne règle ni l'approvisionnement ni la production locale. Les semaines à venir diront si cette intervention du gouvernement central fait baisser durablement la facture des ménages de Mbuji-Mayi ou si elle reste un correctif temporaire.
Nicolas Kalambayi à Mbuji-mayi
