Tshumbe, jeudi 18 juin 2026 — La cinquième journée de la mission économique menée dans le Sankuru a été consacrée à l’écoute des populations, des opérateurs économiques et des acteurs locaux afin d’identifier les principaux obstacles qui ralentissent la dynamique de développement de cette province.

À l’issue de cette étape de terrain à Tshumbe, plusieurs constats majeurs se dégagent, mettant en évidence l’interdépendance entre les questions d’enclavement, d’infrastructures, de valorisation du capital humain et de protection des infrastructures essentielles.

L’enclavement, un facteur déterminant du coût de la vie

Les échanges avec les commerçants locaux ont mis en évidence l’impact direct des difficultés logistiques sur le quotidien des ménages. Dans plusieurs secteurs, les prix des produits de consommation peuvent atteindre quatre à cinq fois ceux pratiqués à Kinshasa.

Cette situation ne serait pas principalement liée à une insuffisance de l’offre, mais plutôt aux contraintes liées au transport, à l’état des routes, aux ruptures d’approvisionnement et aux faibles volumes de circulation des marchandises.

Le diagnostic posé au cours de cette mission souligne ainsi que l’amélioration des conditions de vie des populations passe nécessairement par un désenclavement progressif du territoire. La réduction des coûts de transport apparaît comme un levier essentiel pour renforcer le pouvoir d’achat et stimuler les échanges économiques.

Un potentiel humain réel, mais des moyens encore insuffisants

La mission a également relevé l’existence d’un potentiel important dans le domaine de la formation et de la recherche. La présence de l’Université Notre-Dame de Tshumbe, de ses cliniques universitaires ainsi que d’autres établissements d’enseignement supérieur témoigne d’une capacité locale à contribuer au développement du Sankuru.

Cependant, ce potentiel reste limité par le manque d’infrastructures d’accompagnement. L’accès à l’énergie, au numérique, aux équipements modernes et aux moyens de mobilité constitue encore un défi majeur pour permettre à ces institutions de jouer pleinement leur rôle dans la transformation économique et sociale de la province.

L’érosion, une menace pour la mobilité et l’économie locale

Parmi les préoccupations identifiées figure également la question environnementale, notamment l’érosion observée le long de la route menant vers le pont sur la rivière Lokombe.

Au-delà de son aspect écologique, cette situation représente une menace directe pour la circulation des personnes et des biens entre Lubefu et Katako-Kombe. La préservation de ces infrastructures est donc considérée comme un enjeu économique et sécuritaire, au regard de leur importance dans la connexion des territoires et le maintien des échanges commerciaux.

Vers une stratégie intégrée pour relancer le Sankuru

Les différents échanges et visites effectués durant cette étape de Tshumbe convergent vers un même constat : les défis du Sankuru sont liés entre eux et nécessitent une réponse globale.

L’énergie, la santé, l’éducation, le commerce, les routes et la protection contre les risques environnementaux ne peuvent être traités séparément. Une approche limitée à un seul secteur risquerait de produire des résultats insuffisants.

La mission économique plaide ainsi pour une vision territoriale intégrée, basée sur un programme de désenclavement et de relance économique autour de pôles structurants capables de valoriser les ressources et les compétences locales.

À Tshumbe, cette cinquième journée de terrain aura donc permis de dresser un diagnostic clair : le Sankuru dispose d’atouts importants, mais leur transformation en véritable moteur de développement dépendra de la capacité à lever les obstacles liés aux infrastructures et à l’accessibilité du territoire.

Par Fatou Osako|Sankuru