Le coût élevé des matériaux de construction, en particulier celui du ciment, s’impose comme l’un des freins au développement des infrastructures dans le Grand Kasaï. À Mbuji-Mayi, le prix du sac de ciment dépasse actuellement les 20 dollars américains, une situation qui ravive le débat sur les moyens de réduire les coûts de construction et de stimuler l’activité économique dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Cette question a été soulevée devant le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, par Mgr Bernard-Emmanuel Kasanda, qui a plaidé pour l’achèvement de la cimenterie de Katanda. Pour l’évêque, la mise en service effective de cette infrastructure pourrait contribuer à accroître l’offre locale de ciment, à réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs et, à terme, à alléger les coûts liés aux travaux de construction.
La cimenterie de Katanda comme réponse au coût des matériaux
Dans une région où les besoins en infrastructures demeurent importants, le niveau des prix du ciment constitue un enjeu majeur pour les ménages, les entreprises et les pouvoirs publics. Routes, écoles, centres de santé, logements et autres ouvrages nécessitent en effet d’importantes quantités de matériaux de construction.
L’achèvement de la cimenterie de Katanda est ainsi présenté comme une piste susceptible de renforcer les capacités de production locales et d’accompagner les projets d’infrastructures annoncés ou envisagés dans le Grand Kasaï.
Au-delà de la seule question du ciment, Mgr Kasanda a élargi son plaidoyer à la relance des activités minières, notamment celles de la MIBA et de la SACIM, considérées comme des acteurs importants de l’économie de la région.
MIBA et SACIM, des moteurs économiques à relancer
La relance de la Minière de Bakwanga (MIBA), historiquement associée à l’exploitation du diamant à Mbuji-Mayi, demeure un enjeu économique majeur pour le Kasaï-Oriental. Sa reprise effective est régulièrement présentée comme un moyen de redynamiser l’emploi, les recettes économiques et les activités connexes autour du secteur minier.
La Société Anhui-Congo d’Investissement Minier (SACIM), également active dans l’exploitation diamantifère, figure elle aussi parmi les entreprises dont la contribution au développement économique régional est mise en avant.
Pour les défenseurs d’une relance économique du Grand Kasaï, le redémarrage et la consolidation de ces pôles productifs doivent aller de pair avec l’amélioration des infrastructures, de l’énergie, des transports et des conditions d’investissement.
La Conférence sur le développement du Grand Kasaï en perspective
Ces différentes préoccupations devraient trouver un cadre de discussion plus large lors de la Conférence sur le développement du Grand Kasaï, annoncée du 5 au 7 octobre 2026.
L’enjeu sera notamment de dégager des priorités susceptibles de transformer les potentialités économiques de la région en activités productives et en emplois durables. La disponibilité du ciment à un coût compétitif, la relance du secteur minier et l’amélioration des infrastructures apparaissent, à ce titre, comme des dossiers étroitement liés.
Alors que le Grand Kasaï cherche à accélérer son développement, la question dépasse donc le seul prix du sac de ciment. Elle renvoie à la capacité de la région à produire localement, à attirer les investissements et à valoriser ses ressources afin de soutenir durablement son économie.
Nestor ILO/Mbuji-mayi
