L'avancée de l'érosion suscite une vive inquiétude dans la ville d'Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe. Dans plusieurs quartiers, des ravins en constante progression fragilisent les habitations, les voies de circulation et les infrastructures de proximité, poussant les populations à réclamer une intervention rapide des pouvoirs publics.
Une descente effectuée par notre rédaction sur les avenues Nselenge et Lokolama, dans le quartier Mombilanga, commune de Bonse, a permis de constater l'ampleur du phénomène. Les traces laissées par les eaux de ruissellement se multiplient, tandis que les ravins gagnent progressivement du terrain, réduisant la stabilité des parcelles environnantes.
Les habitants affirment vivre dans l'incertitude permanente, redoutant que les prochaines pluies n'aggravent davantage la situation. Plusieurs familles disent craindre de voir leurs maisons emportées si aucune mesure de stabilisation n'est engagée dans les meilleurs délais.
« Nous demandons aux autorités compétentes d'intervenir rapidement avant que la situation ne devienne incontrôlable. Plusieurs maisons et parcelles sont déjà menacées », a témoigné un riverain rencontré sur place.
Selon les habitants, l'absence de caniveaux adaptés, combinée à un système de drainage insuffisant des eaux pluviales, constitue l'une des principales causes de l'aggravation de l'érosion. À chaque saison des pluies, les écoulements creusent davantage le sol, accélérant la dégradation des avenues et augmentant les risques pour les populations.
Interrogé sur cette situation, le pédologue Christopher Séné Bokelo explique que ce phénomène résulte de plusieurs facteurs, notamment la nature des sols, l'absence d'ouvrages de canalisation des eaux, l'urbanisation non planifiée et les effets des fortes précipitations. Il estime qu'une réponse durable passe par la réalisation d'études géotechniques, la construction d'infrastructures de drainage adaptées, la stabilisation des ravins et la mise en œuvre de mesures de protection des zones exposées.
Face à cette menace grandissante, les habitants appellent les autorités provinciales et nationales à inscrire la lutte contre l'érosion parmi les priorités en matière d'aménagement urbain. Ils plaident également pour une intervention d'urgence afin de sécuriser les sites les plus critiques et prévenir d'éventuelles pertes humaines et matérielles.
Alors que la saison des pluies continue d'exercer une forte pression sur les sols, les populations d'Inongo espèrent une réaction rapide des pouvoirs publics pour freiner l'avancée de l'érosion et préserver les quartiers les plus vulnérables.
Par Grâce Bolomboli Nkoyembo/Inongo
