Les opérations de déguerpissement conduites au marché de Zando et à Kintambo Magasin, évacuation des marchés pirates, retrait des « wewas » et démolition de constructions irrégulières, ont certes permis un retour relatif à l'ordre dans ces espaces urbains de Kinshasa. Mais pour plusieurs observateurs, elles révèlent surtout l'incapacité de la Police nationale congolaise à faire respecter durablement la réglementation dans l'espace public.
Le recours à l'armée pour des missions traditionnellement dévolues à la police pose question. Pour de nombreux analystes, cette substitution traduit une perte d'autorité structurelle des forces de l'ordre face à l'occupation anarchique de la voie publique, une occupation qui, selon certains, se développe parfois avec la complicité de policiers eux-mêmes.
Le phénomène dépasse les seules opérations de déguerpissement. Dans la régulation quotidienne de la circulation, la PNC peine également à s'imposer sur plusieurs axes à forte densité de trafic de la capitale. Ce constat relance le débat sur la nécessité d'une réforme en profondeur des services de sécurité urbaine et d'une redéfinition claire des rôles respectifs de la police et de l'armée dans la gestion de l'ordre public.
Par Robert Mulumba|Kinshasa
