La République démocratique du Congo a engagé une nouvelle étape dans son bras de fer avec le Rwanda en portant le dossier de la crise sécuritaire dans l’Est du pays devant la Cour internationale de justice (CIJ). Kinshasa accuse Kigali d’avoir violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, une démarche qui ouvre un nouveau front, cette fois sur le terrain judiciaire international.

La République démocratique du Congo a déposé une requête auprès de la Cour internationale de justice contre la République du Rwanda, a annoncé ce vendredi 26 juin 2026 le ministère congolais de la Communication. Dans cette procédure, Kinshasa demande notamment à la juridiction internationale de

« déclarer que le Rwanda a engagé sa responsabilité internationale dans la violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ».

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs décennies d’instabilité dans l’Est de la RDC, une région confrontée à la présence de nombreux groupes armés, aux violences communautaires et aux enjeux liés à l’exploitation des ressources naturelles.

Un nouveau front diplomatique et juridique

Avec cette saisine de la CIJ, les autorités congolaises entendent porter sur la scène internationale leurs accusations contre le Rwanda, après plusieurs années de tensions diplomatiques et militaires entre les deux pays voisins.

La démarche judiciaire vise à obtenir une reconnaissance internationale des responsabilités que Kinshasa attribue à Kigali dans la crise sécuritaire qui frappe les provinces orientales de la RDC.

La Cour internationale de justice, principal organe judiciaire des Nations unies chargé de régler les différends entre États, devra examiner les arguments présentés par les parties selon les procédures prévues par son statut.

L’Est congolais toujours au cœur des tensions

Depuis plus de trente ans, l’Est de la RDC reste marqué par des cycles de conflits armés. La situation s’est particulièrement aggravée à partir de 2021 avec la résurgence du mouvement rebelle du M23.

Ce groupe armé a notamment pris le contrôle de la ville stratégique de Goma en janvier 2025, avant d’étendre son influence jusqu’à Bukavu en février de la même année, accentuant les inquiétudes sur la stabilité régionale.

Face à cette escalade, plusieurs initiatives diplomatiques ont été engagées pour tenter de mettre fin aux hostilités. Un accord de paix entre les gouvernements congolais et rwandais avait été signé en juin 2025 à Washington. Une déclaration de principe avait également été annoncée avec le M23 au Qatar en juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent.

Malgré ces engagements, les violences et les tensions sécuritaires persistent dans plusieurs zones de l’Est congolais.

Vers une bataille internationale prolongée

La saisine de la CIJ marque une nouvelle phase dans le conflit diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Au-delà du terrain militaire, les deux pays se retrouvent désormais engagés dans une confrontation juridique qui pourrait s’inscrire dans la durée.

Pour les autorités congolaises, cette procédure constitue une voie pour faire examiner leurs accusations par une instance judiciaire internationale. Le Rwanda, de son côté, devrait être amené à répondre aux arguments présentés devant la Cour conformément aux règles de la procédure judiciaire internationale.

Alors que la situation sécuritaire demeure fragile dans l’Est de la RDC, cette nouvelle démarche place une fois de plus la crise congolaise au centre des débats internationaux.

Par Scarpe Mbuyamba Espérant|ELITE-NEWS.NET