La situation à la prison centrale de Kikwit suscite une vive inquiétude. Plus de 200 détenus y vivent dans des conditions extrêmement précaires en raison d’une grave pénurie alimentaire consécutive à l’absence prolongée de subventions destinées à leur prise en charge. Face à cette crise, la direction de l’établissement tire la sonnette d’alarme et appelle à une intervention urgente des autorités et des acteurs humanitaires.

Selon le directeur de la prison centrale de Kikwit, Gabriel Mputu, l’établissement n’a reçu aucune subvention du gouvernement central depuis quatre trimestres pour assurer l’alimentation et les soins médicaux des pensionnaires.

« La situation est grave dans cette prison. Depuis quatre trimestres, le gouvernement central n’envoie plus de subventions pour la prise en charge des prisonniers en nourriture ou en médicaments. Au moment où je vous parle, les détenus ont passé cinq jours sans manger », a-t-il déclaré.

Une crise alimentaire alarmante

D’après les responsables de la prison, le manque de ressources a considérablement réduit la fréquence des repas distribués aux détenus. Certains prisonniers ne recevraient qu’un ou deux repas par semaine, une situation qui entraîne une détérioration rapide de leur état de santé.

« Certains ont fortement maigri. Pour obtenir de quoi les nourrir, nous sollicitons l’aide des églises et des commerçants de la ville basse », a ajouté Gabriel Mputu.

La direction de l’établissement indique que plusieurs détenus présentent désormais des signes de malnutrition sévère, nécessitant une prise en charge médicale urgente. Dans un contexte où les médicaments font également défaut, les risques sanitaires s’accroissent davantage au sein de la population carcérale.

Des autorités locales impuissantes

Face à cette urgence, l’administration pénitentiaire affirme avoir saisi les autorités urbaines afin d’obtenir un soutien immédiat. Cependant, selon le directeur de la prison, les moyens financiers disponibles au niveau local demeurent limités.

« Hier, nous avons saisi l’autorité urbaine à ce sujet, mais le maire ad intérim nous a indiqué que les caisses de la ville étaient vides », a-t-il expliqué.

Cette absence de réponse institutionnelle nourrit les inquiétudes quant à l’évolution de la situation dans les jours à venir, alors que les besoins alimentaires et médicaux continuent de croître.

Un appel à la solidarité

Au-delà de l’urgence humanitaire, Gabriel Mputu rappelle que les personnes privées de liberté conservent leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la dignité, à l’alimentation et aux soins de santé.

Le responsable pénitentiaire lance ainsi un appel aux organisations religieuses, aux structures caritatives, aux opérateurs économiques ainsi qu’aux personnes de bonne volonté afin d’apporter une assistance aux détenus.

« J’invite les églises de toutes les confessions ainsi que les personnes de bonne volonté à intervenir en urgence. Parmi ces détenus, certains sont encore en attente de jugement. Ils ont des droits qui doivent être respectés », a-t-il insisté.

Une urgence humanitaire à prendre en compte

La situation de la prison centrale de Kikwit met en lumière les défis persistants liés aux conditions de détention dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Alors que plus de 200 détenus font face à une insécurité alimentaire critique, les appels se multiplient en faveur d’une réponse rapide des autorités compétentes afin d’éviter une aggravation de la crise.

Pour les observateurs, une intervention urgente demeure indispensable afin de garantir le respect des droits fondamentaux des détenus et prévenir une catastrophe humanitaire au sein de cet établissement pénitentiaire du Kwilu.

Par Déogratias Makwala Mulefu|Bandundu