Le nombre de ressortissants congolais expulsés d'Angola et accueillis au poste frontalier de Nganga-Nzamba/Kahungula, dans le secteur de Tembo, territoire de Kasongo-Lunda, province du Kwango, continue de croître. Les dernières données communiquées par la Société civile locale font état de 2.797 personnes enregistrées, tandis que six décès ont déjà été recensés dans un contexte marqué par une assistance humanitaire jugée insuffisante.
Selon les statistiques couvrant la période du 29 au 30 juin, 16 nouveaux expulsés, tous de sexe masculin, ont franchi la frontière, portant le nombre total de personnes refoulées à 2.797.
La répartition des personnes enregistrées révèle une crise humanitaire touchant toutes les catégories de la population. Les expulsés comprennent 1.044 hommes, 937 femmes et 816 enfants, dont 490 garçons et 326 filles. Les données recensent également 22 femmes enceintes, 12 femmes allaitantes, 13 personnes vivant avec un handicap ainsi que 16 orphelins, autant de profils particulièrement vulnérables nécessitant une prise en charge urgente.
La Société civile de Tembo tire la sonnette d'alarme sur les conséquences de l'insuffisance de l'assistance apportée aux personnes expulsées depuis le début des opérations de refoulement. L'organisation affirme que six personnes ont déjà perdu la vie depuis le lancement de ces expulsions.
Parmi les victimes figure un homme identifié sous le nom de M. Diakiese, dont l'identité complète n'a pas encore pu être établie. D'après les informations relayées par la Société civile, il serait décédé des suites de coups et blessures qu'il aurait subis lors de son expulsion d'Angola. Sa dépouille se trouverait actuellement à Mawangu.
Face à l'ampleur de cette situation, les acteurs de la société civile exhortent les autorités congolaises, les agences humanitaires et les partenaires techniques et financiers à renforcer sans délai les dispositifs d'assistance en faveur des personnes expulsées. Ils soulignent que de nombreux rapatriés vivent dans des conditions de grande précarité, avec un accès limité à la nourriture, aux soins de santé, à l'eau potable et à un hébergement d'urgence.
Cette nouvelle vague d'expulsions met une nouvelle fois en lumière les défis humanitaires auxquels fait face la province du Kwango, principal point d'entrée des Congolais refoulés d'Angola, où les capacités locales d'accueil demeurent largement insuffisantes pour répondre à l'afflux croissant des personnes de retour forcé.
Par Grâce Bolomboli/Kwango
