Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et les syndicats des médecins des services publics de l'État ont franchi une nouvelle étape dans les négociations visant à mettre un terme à la grève qui perturbe le fonctionnement du système de santé.
Réunis vendredi 17 juillet à Kinshasa, les deux parties ont arrêté une série de mesures assorties d'un calendrier d'exécution, avec pour objectif de rétablir un climat social apaisé dans le secteur. La réunion, présidée par le Vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale sur instruction de la Première ministre Judith Suminwa, s'est conclue par la signature d'un procès-verbal dans lequel le Gouvernement réaffirme plusieurs engagements financiers et administratifs en faveur des médecins du secteur public.
Parmi les principales décisions figure l'intégration complète de la paie complémentaire dans l'état liquidatif de la paie ordinaire au cours du troisième trimestre 2026. L'Exécutif s'est également engagé à aligner 800 médecins à la prime de risque professionnel durant cette même période, une mesure attendue par les organisations syndicales. Le Gouvernement a, par ailleurs, adopté un calendrier précis pour le règlement des arriérés de la paie complémentaire.
Les montants dus pour le mois de mars, déjà en cours de traitement, seront payés en juillet, tandis que ceux d'avril, de mai et de juin seront respectivement versés en août, septembre et octobre 2026. Les autorités ont également promis de régulariser la situation des médecins sous-payés dès la transmission des dossiers requis par le Secrétaire général du ministère de la Santé publique, afin d'accélérer le traitement administratif des bénéficiaires.
Au-delà des mesures immédiates, le Gouvernement a renouvelé les engagements pris lors de la réunion du 7 juillet dernier. Ceux-ci portent notamment sur l'examen de l'alignement des autres catégories du personnel de santé lors d'une rencontre prévue en août 2026, la priorité accordée au secteur de la santé dans les opérations de mécanisation de la Fonction publique, la poursuite du traitement des actes administratifs des médecins soumis à des régimes particuliers ainsi que l'assainissement du fichier de paie afin d'améliorer la gouvernance salariale.
En contrepartie, les représentants des syndicats des médecins ont accepté de transmettre ces résolutions à leurs bases respectives et de solliciter la suspension du mouvement de grève sur toute l'étendue du territoire national. Ils se sont également engagés à assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre des engagements gouvernementaux et à contribuer au rétablissement de la paix sociale dans le secteur de la santé.
Les travaux ont réuni, côté Gouvernement, le Vice-Premier ministre en charge de l'Économie nationale, le ministre de la Santé publique, le vice-ministre du Budget, la vice-ministre des Finances ainsi que plusieurs experts des administrations concernées. Les syndicats étaient représentés par les délégués du SYNAMED, du SYMECO, du SYLIMED et du SIPUMECO.
Cet accord ouvre ainsi la voie à une désescalade de la crise sociale qui secoue le secteur de la santé. Sa réussite dépendra désormais du respect effectif du calendrier arrêté et de la concrétisation des engagements pris par les différentes parties.
Par Scarpe MBUYAMBA Espérant
