Une vive tension a été observée ce vendredi après-midi sur le site de l’Université de Kinshasa à la suite des élections des coordinateurs des étudiants et des chefs de promotion. Des actes de vandalisme ont été signalés dans plusieurs coins du campus universitaire, entraînant d’importants dégâts matériels.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des étudiants en colère ont exprimé leur mécontentement après la tenue du scrutin organisé en ligne. Ces derniers dénoncent des irrégularités dans le processus électoral et remettent en cause la fiabilité du système de vote numérique utilisé pour ces élections académiques.

Au cours des incidents, le bâtiment administratif de l’université a été pris pour cible. Certains véhicules appartenant à des professeurs ont également été endommagés. Des restaurants identifiés comme appartenant au recteur de l’université ainsi que d’autres commerces assimilés, parfois à tort, à ce dernier, ont aussi été saccagés par des manifestants.

À l’origine de cette colère estudiantine figurent des accusations de failles techniques dans le vote en ligne, lesquelles auraient alimenté des soupçons de manipulation des résultats. Plusieurs étudiants estiment que les conditions de transparence et d’équité n’ont pas été respectées durant le processus électoral.

Face à la montée des tensions et afin de prévenir une aggravation de la situation sécuritaire, les autorités universitaires ont décidé de suspendre le processus électoral jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise notamment à garantir la sécurité des personnes, des infrastructures et des biens au sein du campus.

Jusqu’en début de soirée, la situation demeurait tendue sur le site universitaire, alors que des dispositifs sécuritaires étaient progressivement renforcés autour des installations stratégiques de l’établissement.

Aucune communication officielle détaillée n’avait encore été rendue publique par les autorités académiques concernant le bilan exact des dégâts matériels ou d’éventuelles interpellations liées aux incidents.

Cette nouvelle crise relance le débat sur l’organisation des élections estudiantines dans les établissements d’enseignement supérieur en République démocratique du Congo, particulièrement sur les défis liés à la digitalisation des scrutins et à la confiance des étudiants dans les mécanismes électoraux internes.

Par Robert Mulumba|Kinshasa