La tension retombe dans le secteur éducatif de la province éducationnelle Kasaï II. À Mweka, l’intersyndicale des enseignants a annoncé, ce lundi, la suspension du mouvement de grève déclenché en début de semaine, à la suite du paiement de deux mois de salaires et de certaines primes.
Un déblocage financier qui apaise la crise
Selon le banc syndical, les enseignants ont perçu les rémunérations correspondant aux mois de février et mars, ainsi que les frais de fonctionnement et la prime de gratuité du mois de novembre 2025. Une avancée jugée suffisante, à ce stade, pour envisager une reprise des activités scolaires.
Dans une communication officielle, le porte-parole de l’intersyndicale, Eric Kwete Nedi, a appelé les enseignants à regagner leurs postes dès le mardi 21 avril.
« Nous informons tous les professionnels de la craie que la disponibilité de deux mois de salaires ainsi que des frais de fonctionnement et de la prime de gratuité a été confirmée. Chaque enseignant est prié d’être à son poste de travail afin de permettre la poursuite normale des activités scolaires », a-t-il déclaré.
Une reprise motivée par l’intérêt des élèves
Au-delà des revendications salariales, l’intersyndicale justifie cette décision par la nécessité de préserver l’année scolaire et de garantir le droit à l’éducation des élèves.
Les responsables syndicaux évoquent « l’intérêt supérieur de l’enfant congolais » comme facteur déterminant dans la levée du mot d’ordre de grève, malgré des préoccupations persistantes liées à la régularité des paiements.
Un mouvement né des retards de paiement
Pour rappel, les enseignants avaient entamé une grève le 20 avril afin de protester contre le non-paiement de deux mois de salaires, une situation qui avait paralysé plusieurs établissements scolaires de la province éducationnelle Kasaï II.
La suspension du mouvement intervient donc moins de 48 heures après son déclenchement, signe d’un dénouement rapide consécutif à l’intervention des autorités compétentes.
Une accalmie sous surveillance
Si la reprise des cours est effective, elle reste conditionnée à la poursuite du processus de paiement et au respect des engagements pris. Plusieurs observateurs estiment que la stabilité du secteur éducatif dans la région dépendra de la régularité des salaires et du suivi des mesures annoncées.
En perspective, cette suspension de grève offre un répit au système éducatif de Kasaï II, mais souligne une fois de plus la fragilité structurelle liée à la gestion des rémunérations des enseignants. La consolidation de cette accalmie passera par des réponses durables aux revendications du corps enseignant.
Mike Alfred/Mweka