La crise liée au paiement des bourses du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) s’intensifie, faisant planer la menace d’une exclusion massive d’élèves bénéficiaires dès ce mercredi 22 avril 2026.
Une réunion d’urgence pour tenter d’éviter le pire
Réunie en urgence ce lundi dans son bureau de Dibumba 1, la directrice provinciale de l’Éducation Kasaï 1, Virginie Alembe Mbilinga, a tenté de désamorcer la crise opposant les responsables du PAAF aux chefs d’établissements et aux syndicats d’enseignants.
Cette rencontre a rassemblé plusieurs acteurs clés du système éducatif, notamment l’Inspection principale provinciale (IPP), la Direction provinciale de contrôle et de paie (DIPROCOPE), le Service national de l’identification des élèves (SERNI) ainsi que le staff provincial du projet.
Des retards de paiement au cœur du conflit
À l’origine de la tension : le non-paiement des bourses destinées aux élèves filles. Selon l’intersyndicale des enseignants, le calendrier officiel prévoit un premier versement quatre semaines après la rentrée scolaire, un délai largement dépassé à ce jour.
Le président de l’intersyndicale, André Nkongolo Tshibuabua, dénonce une violation des engagements pris, notamment ceux issus de la table ronde stratégique tenue à Kinshasa en août 2025.
Un ultimatum aux conséquences lourdes
Face à cette situation, les chefs d’établissements ont fixé un ultimatum expirant ce mardi 21 avril. À défaut de décaissement des fonds dans ce délai, ils menacent de renvoyer toutes les élèves bénéficiaires du programme dès le lendemain.
Une mesure qui, si elle est appliquée, pourrait affecter des centaines de jeunes filles dans la province éducationnelle Kasaï 1, compromettant leur scolarité et les efforts de promotion de l’éducation des filles.
Appel à une intervention urgente de Kinshasa
Consciente de la gravité de la situation, Virginie Alembe Mbilinga a rappelé que le PAAF est une initiative du gouvernement congolais portée par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté. Elle a exhorté les acteurs éducatifs à privilégier la concertation et à accompagner le processus en cours.
À l’issue de la réunion, une seule option a été retenue : saisir en urgence la hiérarchie nationale du projet, seule habilitée à autoriser le déblocage des fonds.
Une crise aux enjeux sociaux majeurs
Au-delà du différend administratif, cette crise met en lumière les fragilités des mécanismes de financement des programmes éducatifs, notamment ceux destinés à l’autonomisation des filles.
les prochaines 48 heures seront décisives. Une absence de solution rapide pourrait entraîner une vague d’exclusions sans précédent dans le Kasaï 1, avec des répercussions sociales importantes sur l’accès à l’éducation des jeunes filles.
Bernard Onakana Mukendi/Tshikapa