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Éducation

Kasaï : des chefs d’établissements dénoncent la dégradation de l’enseignement et menacent de renvoyer les élèves bénéficiaires du PAAF

By Rédaction : le 18 Apr 2026 | 18:22
Kasaï : des chefs d’établissements dénoncent la dégradation de l’enseignement et menacent de renvoyer les élèves bénéficiaires du PAAF

La tension monte dans le secteur éducatif de la province éducationnelle Kasaï 1. Réunis ce vendredi à l’Institut Tshikunga, dans la sous-division de Tshikapa 2, commune de Dibumba, les chefs d’établissements secondaires publics ont tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « détérioration progressive de la qualité de l’enseignement », pointant du doigt la mise en œuvre du Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF).

Au cœur des revendications : la sous-composante relative à la bourse scolaire destinée aux filles, jugée inefficace, voire contre-productive. Dans une déclaration officielle lue par André Nkongolo, président intersyndical des syndicats des enseignants, les responsables scolaires dénoncent de graves dysfonctionnements dans l’exécution du projet, allant jusqu’à évoquer un possible détournement des fonds alloués.

Selon eux, sur les quatre piliers du PAAF bourse scolaire, construction d’infrastructures, formation des enseignants et distribution de manuels seule la bourse a été partiellement lancée, avec un taux d’exécution estimé à environ 5 % à ce stade de l’année scolaire.

Les chefs d’établissements accusent également les structures de mise en œuvre, en lien avec le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté à Kinshasa, de ne pas respecter les procédures établies. Ils pointent notamment :

le non-respect du manuel de procédure de gestion des bourses ;

l’échec de la feuille de route issue de la table ronde d’août 2025 à Kinshasa ;

des irrégularités dans le recrutement des ONG partenaires, citant le cas de l’ONG ACDHI accusée d’avoir importé du personnel extérieur ;

le non-respect du calendrier scolaire 2025-2026 ;

et le dysfonctionnement généralisé des écoles depuis l’intervention du projet.

« Pour sauver l’éducation, les parents doivent se préparer à reprendre en charge la scolarité de leurs filles », a déclaré André Nkongolo, traduisant le désarroi du corps enseignant face à la situation actuelle.

Dans une position ferme, les chefs d’établissements exigent l’annulation pure et simple de la sous-composante liée aux bourses, ainsi que le paiement immédiat de la deuxième tranche des frais de l’année scolaire 2024-2025. Ils réclament également la prise en charge intégrale des frais de scolarité conformément aux effectifs déjà identifiés.

À défaut d’une réponse « concrète et rapide » dans un délai de 48 heures, ils menacent de renvoyer toutes les élèves bénéficiaires des établissements concernés, les contraignant à s’acquitter elles-mêmes de l’ensemble des frais scolaires.

Ce bras de fer met en lumière les fragilités structurelles dans la mise en œuvre des projets éducatifs financés par des partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, et pose la question de la gouvernance, de la transparence et de l’efficacité des interventions dans le secteur de l’éducation en République démocratique du Congo.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités compétentes n’a été enregistrée. Mais sur le terrain, l’inquiétude grandit quant aux conséquences immédiates de cette crise sur la scolarisation des filles, pourtant au cœur des politiques publiques d’inclusion éducative.

Bernard Onakana Mukendi Tshikapa 

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