Une nouvelle flambée de violences a endeuillé l’est de la République démocratique du Congo. Plus d’une centaine d’habitations ont été incendiées, samedi 11 avril, dans l’agglomération de Lukweti, située au nord-est du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, selon des sources locales concordantes.
D’après des témoignages recueillis auprès d’acteurs de la société civile et des autorités coutumières, ces destructions massives sont attribuées aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Les assaillants auraient ciblé des maisons suspectées d’abriter ou de soutenir des combattants dits « Wazalendo », ces groupes d’autodéfense locaux engagés contre les rebelles.
Des combats intenses et persistants
La situation sécuritaire est demeurée volatile ce dimanche matin. Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues dans plusieurs villages environnants, signe de combats toujours en cours entre les deux camps. Selon les mêmes sources, les affrontements ont débuté au niveau du mont Shingisha avant de se propager rapidement vers d’autres localités de Lukweti.
Cette extension rapide des hostilités a plongé les populations civiles dans une panique généralisée. De nombreux habitants ont fui leurs habitations en catastrophe, abandonnant biens et moyens de subsistance.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Ces violences interviennent à peine une semaine après de précédents affrontements signalés le 5 avril dans la même zone, illustrant une recrudescence inquiétante de l’insécurité dans cette partie du territoire de Masisi.
Déjà fragilisée par des années de conflit, la région fait face à une pression humanitaire accrue. Des milliers de déplacés internes, installés dans des conditions précaires, voient leur situation se détériorer davantage avec ces nouvelles destructions.
Les activités socio-économiques sont quasiment à l’arrêt. Les marchés fonctionnent au ralenti, tandis que plusieurs établissements scolaires ont suspendu leurs cours, compromettant la continuité éducative des enfants.
Un climat d’insécurité persistante
La répétition des violences à Lukweti met en lumière l’extrême volatilité de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu, où la coexistence de multiples groupes armés continue d’alimenter un cycle de représailles et de destructions.
À ce stade, aucun bilan officiel humain n’a été communiqué par les autorités. Toutefois, des sources locales évoquent un risque élevé d’aggravation du bilan si les combats se poursuivent.
Face à cette nouvelle escalade, les populations civiles restent les premières victimes d’un conflit qui s’enlise, dans un contexte où les efforts de stabilisation peinent à produire des résultats durables.
Jean-Pierre Matungulu/Nord-Kivu