A la une
KWILU : LE MINISTRE JOHN BANZA EN MISSION D'INSPECTION DES TRAVAUX À BANDUNDU. EST DE LA RDC : L'AFC-M23 CONFIRME FINALEMENT LA MORT DE TOUT PUISSANT WILLY NGOMA SUITE À LA FRAPPE DES DRONES. NORD-KIVU : SULTANI MAKENGA BLESSÉ, WILLY NGOMA, PORTE-PAROLE MILITAIRE DE L'AFC-M23 TUÉ DANS UNE FRAPPE DE DRONE À RUBAYA. KINSHASA : UNE FORMATION AU CODE DE LA ROUTE EXIGÉE AUX CHAUFFEURS DE TAXIS MOTOS [WEWA] AVANT L'OCTROI DE PERMIS DE CONDUIRE. KWILU : LE DG DE LA RVA LOUIS BLAISE LONDOLE EN MISSION D'INSPECTION DES TRAVAUX DE L'AÉROPORT DE BANDUNDU. RDC : SIGNATURE D'UN PROTOCOLE D'ACCORD ENTRE L'UNOPS ET LE MINISTRE DES INFRASTRUCTURES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE. LUALABA : LE MINISTRE DÉLÉGUÉ À LA DÉFENSE NATIONALE ÉLIEZER NTAMBWE EN MISSION OFFICIELLE À KOLWEZI. KASAÏ : DÉMARRAGE DE L'OPÉRATION D'IDENTIFICATION DES ELEVES FILLES DU PROJET PAAF À TSHIKAPA.
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Image de la Bande Passante
Sécurité

Kongo-Central : le gouverneur Grâce Kwanga Bilolo dans le viseur de la justice pour des irrégularités financières

By Rédaction : le 23 Jan 2026 | 13:39

Kongo-Central : le gouverneur Grâce Kwanga Bilolo dans le viseur de la justice pour des irrégularités financières

Il passe certainement des mauvais moments. Le gouverneur de la province du Kongo central, Grâce Nkuanga Bilolo, est désormais officiellement rattrapé par la justice. Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde a saisi l’Assemblée provinciale afin d’obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre le chef de l’exécutif provincial, soupçonné de graves irrégularités financières dans la gestion des fonds publics. 

Au cœur de cette démarche judiciaire : des accusations de malversations financières, de non-versement des recettes issues des impôts et taxes provinciales, ainsi que de détournement de deniers publics. Le préjudice financier évoqué est estimé à près d’un million de dollars américains. Des faits que le ministère public considère comme pouvant constituer l’infraction de détournement de deniers publics.

Dès lors, le gouverneur du Kongo central n’est plus seulement confronté à une controverse politique. Il se retrouve placé sous la menace directe d’une procédure judiciaire dont l’issue dépend désormais d’un seul organe : l’Assemblée provinciale.

– Le réquisitoire du procureur général

Selon le réquisitoire introduit par Firmin Mvonde, procureur général près la Cour de cassation, les faits mis à charge du gouverneur présentent un caractère suffisamment sérieux pour justifier l’ouverture d’une instruction. Cette démarche s’inscrit dans le cadre strict du privilège de juridiction dont bénéficie un gouverneur de province, lequel impose, avant toute poursuite, l’obtention d’une autorisation formelle des députés provinciaux.

La Cour de cassation, juridiction compétente en la matière, ne peut donc agir sans l’aval préalable de l’Assemblée provinciale du Kongo central. L’organe délibérant se retrouve ainsi investi d’une responsabilité majeure : autoriser ou non la justice à instruire un dossier qui met en cause le premier responsable politique de la province.

–Un rapport de l’IGF à l’origine de la procédure –

La réquisition du procureur général fait suite à un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), publié à l’issue d’une mission de contrôle de gestion diligentée l’année dernière. Cette mission avait concerné plusieurs entités clés de la province notamment l’Assemblée provinciale, le gouvernement provincial et la direction provinciale des recettes.

Les conclusions de ce contrôle ont conduit la justice à soupçonner un manque à gagner évalué à environ un million de dollars américains. C’est sur la base de ces éléments que le procureur général près la Cour de cassation a engagé la procédure visant à obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire contre le gouverneur.

– Le démenti ferme du gouverneur –

Face à cette offensive judiciaire, Grâce Nkuanga Bilolo a choisi la riposte médiatique. Intervenant sur les ondes de Top Congo FM, le gouverneur a catégoriquement nié toute implication dans les faits de malversations financières qui lui sont reprochés. « Je ne suis informé de rien », affirme-t-il, assurant n’avoir jamais pris connaissance du rapport de l’IGF à l’origine de la procédure. Selon lui, aucune notification officielle ne lui a été adressée jusqu’à ce jour. « Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas reçu ce rapport de l’IGF », insiste-t-il, rejetant en bloc les accusations de détournement de deniers publics et de non-rétrocession des recettes fiscales.

Au-delà du fond, le chef de l’exécutif provincial s’attaque frontalement à la méthode. Il conteste la régularité du processus ayant conduit à la saisine de la Cour de cassation, évoquant une violation du principe du débat contradictoire. « Moi, gouverneur, au nom de la province, je n’ai jamais eu de débat contradictoire par rapport à ce rapport », soutient-il. Selon ses explications, les échanges avec les inspecteurs de l’IGF se seraient limités au niveau du ministre provincial des Finances, sans qu’il ne soit personnellement associé aux discussions. Dans ces conditions, Grâce Bilolo considère les accusations portées contre lui comme de simples rumeurs, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle attestant l’existence d’un détournement ou d’un manquement dans la gestion des recettes provinciales.

– Une contestation qui ne date pas d’hier –

Cette affaire judiciaire intervient dans un climat déjà marqué par de vives critiques contre la gouvernance provinciale. En novembre 2025, la structure dénommée Cohésion provinciale des notables issus de 366 groupements avait publiquement exigé le départ du gouverneur. Son président et porte-parole, Joseph Mabanga, avait alors dressé un réquisitoire sévère contre le chef de l’exécutif provincial, l’accusant de mauvaise gestion, d’incompétence et de népotisme. Il dénonçait notamment le mauvais choix du personnel du cabinet du gouverneur, la superposition de structures administratives favorisant la mauvaise gouvernance, ainsi que la mise en place des structures parallèles pour la gestion des péages provinciaux.

Joseph Mabanga pointait également la création de l’Agence de gestion des droits des péages et de pesages du Kongo central (AGDP), affirmant que les recettes collectées par cette structure seraient utilisées à des fins individuelles au profit du mis en cause. Des accusations politiques qui avaient déjà fragilisé l’autorité du chef de l’exécutif provincial bien avant l’intervention de la justice.

– Un choix décisif pour les députés provinciaux –

Aujourd’hui, le dossier a changé de nature. Il n’est plus uniquement politique. Il est judiciaire. Et son avenir repose désormais entre les mains des députés provinciaux du Kongo central. En autorisant l’ouverture de l’instruction, l’Assemblée provinciale permettrait à la justice d’examiner en profondeur la gestion des finances publiques de la province. En refusant cette autorisation, elle ferait prévaloir l’argument avancé par le gouverneur, selon lequel le dossier manquerait de bases contradictoires solides. Dans ce contexte, la décision attendue des élus provinciaux s’annonce déterminante. Elle pèsera lourdement sur la crédibilité des institutions provinciales, sur la lutte contre les malversations financières et sur la stabilité politique du Kongo central.

L’épée de Damoclès pèse sur le gouverneur Grâce Bilolo, reste à savoir si les députés provinciaux accepteront de lever le verrou juridique qui protège l’exécutif provincial, ou s’ils choisiront de bloquer l’ouverture d’une instruction dont les répercussions pourraient être majeures pour l’avenir de la province.

Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET 

Rubriques