Un dialogue citoyen s’est tenu dans la commune, réunissant différentes couches de la société civile, le Réseau des Acteurs de la Société Civile (RETAC), ainsi que le délégué du gouverneur, l’abbé Patrick Kasolene, en présence du bourgmestre.

Cette rencontre, à la fois pédagogique et empreinte d’émotion, faisait suite au meurtre de Kakule Love et Espérance, un drame qui a profondément bouleversé la communauté locale.

Dès l’ouverture, le délégué du gouverneur a transmis les condoléances officielles de l’exécutif provincial aux familles endeuillées, saluant leur courage face à cette épreuve. Il a également insisté sur la volonté des autorités de faire toute la lumière sur ces actes criminels et de renforcer la sécurité dans la zone.

Prenant la parole à leur tour, les représentants de la société civile ont exposé un ensemble de recommandations, appelant à des mesures urgentes pour restaurer la sécurité et la confiance de la population. Parmi les principales préoccupations soulevées figurent :

la non-prise en compte des alertes récurrentes sur l’insécurité dans la région ;

l’absence d’accompagnement des victimes de violations des droits humains ;

la multiplication des tracasseries administratives et des barrières, notamment sur les axes agricoles ;

la nécessité de cantonner tous les éléments dits « Wazalendo » en vue d’une formation militaire encadrée ;

le contrôle strict des sites occupés par ces groupes sous la supervision des commandants de secteur.

Ces critiques visaient particulièrement l’administrateur du territoire de Lubero, Kiwewa Mitelan Alain, accusé par certains acteurs locaux de ne pas répondre adéquatement aux défis sécuritaires.

En réponse, le délégué du gouverneur a pris acte des doléances formulées, promettant de les transmettre fidèlement à l’autorité provinciale pour un examen approfondi. Il a appelé au calme et à la collaboration entre la population et les autorités afin de prévenir de nouveaux drames.

Par ailleurs, les familles des victimes ont été reçues dans un cadre d’écoute, où elles ont exprimé leurs besoins immédiats et attentes en matière de justice et d’accompagnement. Dans un esprit d’unité, elles ont convenu d’organiser les obsèques ce jeudi au cimetière public de Kihemba.

Le bourgmestre, pour sa part, a plaidé pour un enterrement digne, respectueux des valeurs culturelles et spirituelles de la communauté, invitant à un accompagnement solidaire des familles éprouvées, notamment dans la foi chrétienne.

Ce dialogue marque une étape importante dans la gestion de cette crise locale, même si de nombreux défis restent à relever pour restaurer durablement la sécurité et la confiance dans cette partie du territoire de Lubero.

Par Jean Pierre Matungulu|Lubero