Les démocrates ont réussi leur pari. Lors des élections de mi-mandat organisées mardi, ils ont pris le contrôle des deux chambres du Congrès américain, infligeant une lourde défaite aux républicains de Donald Trump. À deux ans de la fin de son mandat, le président perd la maîtrise du jeu parlementaire, et l'opposition dispose désormais d'un net rapport de force à Washington.
Un désaveu des choix du président
Pour le politologue Todd Belt, de l'université George Washington, ce scrutin traduit « une profonde désapprobation » de la politique menée par le chef de l'État. La vie chère arrive en tête des motifs de mécontentement. La guerre contre l'Iran et les accusations de corruption visant l'entourage républicain ont également pesé sur le vote.
Face au résultat, Donald Trump a affiché une posture contrastée. Il a assuré au New York Times qu'il respecterait le verdict des urnes. Il a toutefois prévenu qu'il pourrait recourir à son droit de veto contre les textes portés par la nouvelle majorité. Sur Fox News, il a salué la bonne campagne de ses adversaires, tout en refusant d'endosser la responsabilité de la défaite. Selon lui, les démocrates attendaient cette victoire depuis onze ans.
Des victoires symboliques en terre conservatrice
La soirée a été marquée par des succès démocrates dans des États acquis de longue date aux républicains.
Caroline du Sud : Annie Andrews a décroché un siège de sénatrice.
Texas : James Talarico devient le premier démocrate élu au Sénat dans cet État depuis 1992.
« Ce soir, nous avons battu Goliath », a-t-il lancé à ses partisans réunis à Austin.
Kansas : Adam Hamilton a remporté un siège, mettant fin à une absence des démocrates au Sénat dans cet État depuis 1932.
La vague s'est étendue à la Caroline du Nord, à l'Iowa et à l'Ohio, où plusieurs sièges républicains ont changé de camp. Les républicains ont néanmoins conservé la Floride, où leurs candidats ont gardé les postes de sénateur et de gouverneur.
Un Congrès sous tension
Cette séquence s'annonce difficile pour la Maison-Blanche. Le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a promis de renforcer le contrôle parlementaire sur l'administration et de poursuivre les responsables soupçonnés de malversations.
« Nous allons demander des comptes », a-t-il averti devant ses partisans.
Privé de sa majorité, Donald Trump pourrait avoir davantage de mal à faire adopter les réformes de son programme, face à un Congrès désormais hostile.
Espérant Scarpe MBUYAMBA
