
À quelques jours du 7ᵉ Sommet UA–UE à Luanda où la République Démocratique du Congo fera partie des dix pays analysés pour leur potentiel dans les chaînes de valeurs des minerais de transition, la Fondation Afrique-Europe (AEF) publie son nouveau rapport aux allures d’une interpellation pour les pays du continent africain.
Intitulé « The State of Africa-Europe 2025, Financing Our Future », le rapport révèle que l’Afrique perd chaque année près de 90 milliards de dollars en flux financiers illicites, tandis que ses secteurs stratégiques restent sous-financés.
Selon l’AEF, cette hémorragie fragilise la capacité des États à investir dans la santé, l’énergie ou l’industrialisation, alors même que le continent dispose de plus de 330 milliards de dollars d’actifs dans ses fonds souverains et fonds de pension, une ressource encore sous-mobilisée.
Le rapport appelle à un changement profond des relations
Afrique-Europe : moins d’aide, plus d’investissements équitables, fondés sur le co-financement et des résultats mesurables.
L’enjeu, renseigne le document, est d’aligner capitaux publics et privés pour générer un impact réel, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée.
Dans l’énergie, l’écart est flagrant : l’Afrique attire moins de 3 % des investissements mondiaux dans les renouvelables alors qu’elle concentre 60 % du meilleur potentiel solaire.
La Fondation estime que des partenariats structurants pourraient accélérer l’industrialisation africaine, tout en contribuant à la transition énergétique européenne.
La santé est identifiée comme un test décisif : capacités de production vaccinale, recherche conjointe et préparation aux pandémies doivent devenir des priorités d’investissement durable.
Enfin, le rapport met en avant l’économie bleue comme gisement commun de croissance, soutenue par la Africa-Europe Ocean Roadmap, cadre opérationnel pour investir dans une gouvernance maritime profitable aux deux continents.
L’AEF appelle à créer un mécanisme permanent UA-UE afin de passer « du dialogue aux résultats », dans un contexte où les deux continents représentent 1,8 milliard de citoyens et près de 30 % des États de l’ONU, un poids encore sous-exploité sur la scène mondiale.
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