Dans le secteur de Bolia, territoire d'Inongo, les récoltes s'accumulent, les paniers de manioc se transportent à pied et l'argent ne rentre plus. Le chef de secteur, Serge Nsongi, a tiré la sonnette d'alarme vendredi, lors d'un entretien accordé à Elite News : l'absence de moyens de transport empêche les producteurs d'acheminer leurs denrées vers les centres de consommation.

« Une absence totale de moyens de transport »

« Je suis préoccupé ces derniers temps par l'absence totale des moyens de transport dans mon secteur, ce qui empêche ma population d'évacuer ses produits agricoles vers les centres de consommation », a déclaré l'autorité locale.

Selon lui, les habitants de Bolia vivent essentiellement de la terre. Chacun cultive entre un et deux hectares et produit notamment des cossettes de manioc, du maïs, des bananes, des arachides et du riz. Mais faute de route praticable pour les véhicules, ces récoltes peinent à quitter les champs.

Jusqu'à 60 kilomètres à pied

Ce sont les femmes qui paient le plus lourd tribut. Selon Serge Nsongi, elles parcourent entre 50 et 60 kilomètres à pied, chargées de corbeilles de cossettes de manioc, pour les vendre à 8 000 francs congolais.

La situation s'est aggravée depuis l'interruption de la circulation des véhicules en provenance de Mbandaka, qui assuraient jusque-là une partie de l'évacuation des marchandises.

Des récoltes qui se perdent, des familles qui s'appauvrissent

Les conséquences sont immédiates : les produits invendus s'accumulent et se détériorent. Une partie des cossettes de manioc, faute de débouchés commerciaux, est désormais transformée de manière artisanale en boissons alcoolisées.

Le chef de secteur souligne aussi l'impact social de cette crise. « Cette situation préjudicie également la scolarisation de nos enfants », a-t-il déploré, rappelant que sans revenus, de nombreuses familles ne parviennent plus à assumer les frais scolaires.

Un appel aux autorités et aux opérateurs économiques

Face à cette impasse, Serge Nsongi demande l'implication des autorités nationales et provinciales, ainsi que des opérateurs économiques originaires du Maï-Ndombe, en particulier du territoire d'Inongo. Il plaide pour le rétablissement des moyens de transport et l'amélioration de l'évacuation des produits agricoles.

Pour les habitants de Bolia, l'enjeu dépasse la simple logistique : il en va de la valorisation du travail des paysans, de la sécurité alimentaire et de l'avenir scolaire des enfants du secteur.

Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe, Inongo/Maï-Ndombe