La République démocratique du Congo change de braquet sur la question climatique. Les travaux de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat se sont ouverts sous le thème : « La République démocratique du Congo à l'ère du développement des marchés carbone : opportunités pour tous et perspectives d'avenir ».
Les autorités y réaffirment leur volonté de faire de ces marchés un instrument de protection des forêts, de création d'emplois et de croissance économique.
Valoriser le patrimoine naturel, préserver la souveraineté
Les interventions du Directeur général des Forêts au ministère de l'Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), de la ministre d'État Marie Nyange Ndambo et du représentant du Président de la République, Jacquemin Shabani Lukoo, ont convergé vers un même enjeu : permettre à la RDC de tirer une juste valeur économique des services environnementaux qu'elle rend à la planète, tout en gardant la maîtrise de ses ressources naturelles.
Pour la ministre d'État, ministre de l'environnement Marie Nyange Ndambo, la place notre pays dans l'équilibre écologique mondial est déterminante.
« La RDC est un patrimoine vivant de l'humanité. Elle porte des écosystèmes extraordinaires, des tourbières et des forêts. Quand la RDC protège les forêts, c'est l'Afrique qui respire, a-t-elle déclaré, appelant à agir « avec ambition, courage et détermination »
Elle a rappelé que l'appel à l'action lancé lors de la première édition doit désormais se traduire par des avancées concrètes et durables.
Plusieurs réformes ont été citées notamment : la révision du Code forestier, le renforcement de la coopération régionale, l'opérationnalisation de l'Autorité de régulation des marchés carbone et la création de l'Office congolais des eaux. Elles visent à renforcer la gouvernance environnementale et à mieux structurer la valorisation des ressources naturelles, afin que la contribution des forêts congolaises à la lutte contre le changement climatique soit reconnue et équitablement rémunérée.
Le carbone sous contrôle national
Le représentant du Chef de l'État a insisté sur la nécessité de transformer le rôle écologique du pays en opportunités économiques pour sa population. Il a aussi lancé un avertissement :
« Le carbone ne doit pas devenir une richesse supplémentaire qui échappe au contrôle de la RDC. »
Ce message souligne l'importance d'un cadre juridique solide, capable d'encadrer les transactions, de garantir la transparence et de préserver les intérêts nationaux. La protection des droits des communautés locales, notamment dans le cadre des concessions forestières des communautés locales (CFCL), figure également parmi les priorités. L'objectif : que les bénéfices ne profitent pas uniquement aux investisseurs et opérateurs économiques, mais aussi aux communautés qui participent à la préservation des forêts.
Une feuille de route pour les 26 provinces
Les autorités souhaitent faire de cette édition un tournant dans la mise en œuvre des engagements climatiques du pays. Le représentant du Président a plaidé pour une feuille de route assortie d'engagements concrets et de résultats mesurables, et pour l'implication des 26 provinces. Cette participation provinciale est jugée essentielle pour rapprocher les politiques climatiques des réalités locales et favoriser une répartition plus équitable des retombées économiques.
Le défi : concilier protection et bénéfices
La réussite de la démarche dépendra de la capacité des institutions à coordonner leurs actions, à renforcer les mécanismes de régulation et à garantir des réalisations vérifiables. Pour valoriser son immense capital naturel sans compromettre sa préservation ni les droits des populations qui en dépendent, la RDC devra conjuguer gouvernance transparente, sécurité juridique, mobilisation des investissements et partage équitable des bénéfices, tout en veillant à ce que les mécanismes de financement carbone contribuent réellement à la réduction des émissions et à la conservation des écosystèmes.
Avec cette deuxième édition, le gouvernement congolais affiche son ambition de s'imposer comme un acteur majeur de l'économie climatique. Reste l'épreuve des faits : faire des marchés carbone une source de financement durable, un moteur d'emplois et un instrument de développement au bénéfice de tous les Congolais, dans les 26 provinces.
Espérant Scarpe MBUYAMBA/ELITE-NEWS.NET
