Des tensions ont éclaté ce vendredi 16 octobre à Tshikapa, au sein de la direction provinciale du Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE). Les agents locaux ont refusé l'installation de nouvelles unités affectées par la direction générale, basée à Kinshasa, et les ont contraints à quitter les lieux.

Une présentation officielle qui met le feu aux poudres

À l'origine de ces troubles, la présentation officielle des nouveaux agents notifiés par la direction générale. Les agents en poste dans la province affirment qu'aucun d'entre eux n'a reçu de notification depuis de nombreuses années. Réunis devant leurs bureaux, ils ont dénoncé un « scénario d'injustice sociale », qui a dégénéré en désordre.

Les revendications du personnel

Dans une déclaration faite devant la presse locale, Fortunat Diulu, doyen des encadreurs de la SAEMAPE au Kasaï, a détaillé les doléances de ses collègues :

la reconnaissance des agents du Kasaï au même titre que ceux des autres provinces ;

le respect du barème salarial et l'alignement de la direction provinciale sur les autres divisions en la matière ;

l'amélioration des conditions de vie des agents ;

la clarification de leur situation auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ;

la notification officielle de l'ensemble du personnel de la direction provinciale.

Le dossier de la CNSS au cœur du malaise

Sur ce dernier point, le porte-parole des agents est particulièrement précis. Selon lui, depuis quinze ans, la direction générale prélève à la source 3 % du salaire brut de chaque agent au titre de la cotisation sociale. Pourtant, affirme-t-il, aucun agent ne détient à ce jour de carte d'immatriculation ni de preuve d'affiliation effective à la CNSS.

« Cette situation nous prive de toute couverture face aux risques professionnels et à la retraite, a-t-il déploré, sollicitant la régularisation des versements et la remise effective des cartes d'affiliation.»

Un sentiment de traitement inégal

Les agents du Kasaï disent s'estimer lésés par rapport à leurs collègues de Kananga et de Kinshasa, qui ont, eux, reçu officiellement leurs notifications d'engagement et de mise en place. Ils affirment continuer de travailler dans une « précarité injustifiée » et réclament la régularisation administrative de tout le personnel de la direction provinciale.

Pas de réaction officielle à ce stade

Ces allégations n'ont pas, à ce stade, été commentées par la direction générale de la SAEMAPE. Notre rédaction reste ouverte à toute réaction de sa part, ainsi qu'à celle des autorités provinciales, pour recueillir leur version des faits.

Felly Ephrahim Lukodi à Tshikapa