L'Inspection générale des Mines (IGM) monte au créneau contre ce qu'elle qualifie de recrudescence de l'exploitation illicite de diamants dans la rivière Kasaï. Son inspecteur provincial, Nicolas Tshitenge, affirme que ces activités seraient menées par certains partenaires impliqués dans l'exécution de projets, des investisseurs ainsi que des expatriés, avec des complicités présumées au sein de certaines autorités locales.
Au cours d'un entretien accordé à Elite-News.Net, Nicolas Tshitenge a exprimé sa vive préoccupation face à une situation qu'il juge préjudiciable à la gouvernance du secteur minier et aux finances publiques. Selon lui, l'exploitation clandestine des ressources diamantifères prive l'État de recettes importantes et compromet les efforts visant à instaurer une gestion transparente des richesses minières.
L'inspecteur provincial a rappelé que le Code minier fixe clairement les compétences des différents services intervenant dans le secteur, notamment l'Inspection générale des Mines, la Division provinciale des Mines, le Service d'assistance et d'encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE) ainsi que le Cadastre minier.
Il a souligné que l'IGM est investie de missions essentielles, parmi lesquelles la lutte contre la fraude, la contrebande et l'exploitation illicite des substances minérales. L'institution est également chargée d'assurer le contrôle et l'audit des activités minières, depuis les sites d'exploitation jusqu'aux postes frontaliers d'exportation, en collaboration avec les autres services compétents.
Un déficit de coordination dénoncé
Nicolas Tshitenge a toutefois regretté le manque de synergie entre les services techniques des mines et le ministère provincial des Mines. À ses yeux, cette insuffisance de coordination affaiblit les mécanismes de contrôle et favorise la persistance de pratiques illégales sur le terrain.
« Une société exploite illicitement des diamants dans une zone à haut risque sous le regard impuissant de nos autorités. Il existe une familiarité qui empêche certains responsables d'exercer correctement leurs fonctions », a-t-il déclaré.»
Sans citer le nom de l'entreprise concernée, il a plaidé pour un renforcement des contrôles et une stricte application des dispositions légales afin de mettre un terme aux activités illicites.
Plaidoyer pour une gouvernance renforcée
Abordant les enjeux de la gouvernance minière, l'inspecteur provincial a estimé que la maximisation des recettes publiques passe inévitablement par l'indépendance des services de contrôle et le respect scrupuleux de la loi.
« Quand la politique s'abat, la loi dort, a-t-il lancé, appelant les autorités à préserver les institutions techniques de toute influence susceptible de compromettre leur mission.»
Il a également insisté sur le fait que l'Inspection générale des Mines ne devrait pas être perçue comme « un témoin gênant », mais comme un partenaire stratégique dans la lutte contre la fraude minière. Selon lui, une collaboration étroite entre l'IGM, les services techniques et le ministère provincial des Mines constitue un levier indispensable pour améliorer la gouvernance du secteur et accroître les recettes de l'État.
Appel à l'implication du gouverneur
En conclusion, Nicolas Tshitenge a sollicité l'implication personnelle du gouverneur de la province du Kasaï afin de mettre fin aux pratiques qu'il dénonce dans l'exploitation des ressources diamantifères. Il estime qu'une action concertée des autorités provinciales permettrait de restaurer l'autorité de l'État, de renforcer la transparence dans le secteur minier et d'assurer une meilleure mobilisation des recettes issues de l'exploitation des ressources naturelles au profit du développement de la province.
Lydia Fwamba|Tshikapa
