Trente jours après la rentrée scolaire officielle, le silence règne dans les cours de récréation d'Inongo. Faute de paiement de deux mois de salaire, les enseignants maintiennent leur grève, et les parents s'alarment.

Aucune cloche n'a retenti. Un mois après le lancement officiel de l'année scolaire, les écoles primaires et secondaires publiques de la ville et du territoire d'Inongo restent désespérément vides. La grève décrétée par les enseignants se poursuit, sans qu'aucune issue ne se dessine.

Deux mois de salaire impayés

L'origine du blocage est connue de tous : deux mois de salaire non payés. Les enseignants exigent le versement de leurs arriérés avant toute reprise des cours. Pour eux, la question n'est pas négociable.

« S'ils ne nous paient pas, nous n'allons pas non plus reprendre les cours. On ne peut pas enseigner avec la faim. Nous avons aussi des familles à nourrir, a martelé un représentant syndical, interrogé par Élite-News.net »

Des parents inquiets pour l'avenir de leurs enfants

Si les enseignants campent sur leur position, les parents, eux, voient leurs craintes grandir de jour en jour. Contactés par notre rédaction, plusieurs d'entre eux appellent les autorités compétentes comme les enseignants à tout mettre en œuvre pour que les élèves retrouvent le chemin de l'école.

« C'est une situation très inquiétante. Nos enfants traînent à la maison du matin au soir. Il y a déjà certaines filles qui sont devenues porteuses de grossesses non désirées et d'autres garçons qui sont devenus des malfaiteurs, des voleurs et des consommateurs de drogue. Nous avons peur pour leur avenir, confie une mère de famille du quartier Mpolo »

Ce sentiment est largement partagé. Selon plusieurs familles, l'oisiveté prolongée expose les jeunes à la délinquance, à l'alcoolisme, aux bagarres et, à terme, à l'abandon scolaire définitif.

Une crise qui s'installe dans la durée

Ce nouveau bras de fer n'est pas un cas isolé. Au cours des deux dernières années, les élèves des écoles publiques d'Inongo n'ont pas suivi les cours normalement, en raison de grèves à répétition et de conditions de travail jugées précaires par les enseignants. L'année scolaire qui s'ouvre risque ainsi de prolonger un cycle de perturbations qui fragilise toute une génération.

Les parents attendent une intervention urgente

À ce jour, aucun compromis n'a été trouvé entre les enseignants et les autorités. Les parents d'élèves espèrent désormais une implication rapide des autorités provinciales et nationales pour débloquer la situation et sauver une année scolaire déjà largement entamée.

Faute de dénouement rapide, c'est tout le calendrier scolaire qui se trouve menacé, et avec lui l'avenir de milliers d'enfants d'Inongo.

Par Felly Mbembe et Jean Béni à Inongo