À Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, des habitants s'inquiètent de la qualité de l'eau distribuée par la Regideso. Un enseignant-chercheur en formation dénonce une eau « non potable » et pointe la vétusté des canalisations.

Dans les ménages d'Inongo, boire l'eau du robinet n'a plus rien d'anodin. Dans plusieurs quartiers de la capitale provinciale du Maï-Ndombe, des habitants disent redouter pour leur santé l'eau distribuée par la Régie de distribution d'eau (Regideso), qu'ils jugent parfois impropre à la consommation.

« L'eau est devenue une source de maladies »

Les témoignages recueillis par Élite News convergent : l'eau du réseau ne serait pas toujours sûre. Le risque est réel, notamment lorsqu'elle est bue sans traitement préalable, car elle peut alors favoriser les maladies d'origine hydrique, comme la diarrhée ou la typhoïde.

Pascal Bakwita, chef de travaux à l'Institut supérieur pédagogique (ISP) d'Inongo et étudiant à l'École régionale postuniversitaire d'aménagement et de gestion intégrés des forêts et territoires tropicaux (ERAIFT) de l'Université de Kinshasa, ne mâche pas ses mots. « L'eau, c'est la vie, mais à Inongo, c'est presque le contraire, car l'eau est devenue une source de différentes maladies. L'eau distribuée par la Regideso n'est pas potable », affirme-t-il.

Des canalisations vieillissantes en cause

Selon lui, l'état du réseau de distribution est un facteur à ne pas négliger. Il relève l'ancienneté de certaines conduites métalliques et plaide, à terme, pour leur remplacement par des tuyaux en plastique, adaptés à l'acheminement de l'eau potable. « Le remplacement des anciens tuyaux métalliques par des tuyaux en plastique pourrait être une meilleure solution pour contribuer à garantir la qualité de l'eau et préserver la santé de la population », soutient-il.

Les habitants réclament des contrôles

Face à cette situation, des habitants appellent les responsables concernés à agir : renforcer le contrôle de la qualité de l'eau, entretenir le réseau de distribution et envisager la modernisation des infrastructures hydrauliques.

Ces préoccupations s'ajoutent à un problème plus ancien. Plusieurs quartiers d'Inongo peinent déjà à accéder de manière régulière à l'eau potable, ce qui fait de l'approvisionnement, et de la qualité de l'eau, un enjeu majeur de santé publique pour la ville.

À ce stade, la Regideso n'a pas réagi publiquement à ces accusations. Les analyses officielles de la qualité de l'eau distribuée à Inongo n'ont, elles non plus, pas été rendues publiques.

Par Jean Béni Nseposwa et Felly Mbembe/Inongo