La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola demeure préoccupante en République démocratique du Congo (RDC). Alors que certains indicateurs semblent traduire un ralentissement de la transmission dans certaines zones, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à éviter tout relâchement dans la riposte et à renforcer rapidement les capacités de prise en charge et de surveillance.

Selon MSF, la baisse des admissions dans certains Centres de traitement Ebola (CTE) ne suffit pas à conclure à une maîtrise de l’épidémie. L’organisation humanitaire affirme observer l’apparition de nouveaux cas dans des zones où les mécanismes de préparation et de réponse restent limités, compliquant davantage les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission.

« Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola reçoivent moins de patients serait une erreur », alerte Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, en Ituri.

D’après lui, si la situation semble ralentir en Ituri, considérée comme l’un des principaux foyers de l’épidémie, le nombre de nouveaux cas à l’échelle nationale ne suivrait pas la même tendance.

MSF souligne notamment l’extension géographique de la maladie. Le Sud-Ubangi est désormais présenté par l’organisation comme la septième province touchée, tandis que le Nord-Kivu concentrerait près de la moitié des nouveaux cas confirmés. L’organisation fait également état d’une hausse du taux de positivité observée ces derniers jours dans cette province.

Pour faire face à cette évolution, MSF indique avoir renforcé le déploiement de personnel et de ressources au sein d’équipes de réponse rapide. Celles-ci interviennent notamment dans la détection précoce des cas, l’observation et la prise en charge des patients, la prévention et le contrôle des infections, le suivi des contacts, la surveillance épidémiologique ainsi que le travail avec les communautés.

L’objectif, explique l’organisation, est d’identifier rapidement les nouveaux foyers et d’interrompre les transmissions avant qu’elles ne prennent une ampleur plus importante dans des zones disposant de capacités de réponse limitées.

Dans des zones de santé comme Bambu, MSF décrit un système sanitaire déjà fragilisé par le manque de financement, l’insuffisance de personnel et des capacités limitées pour référer les patients. L’arrivée de nouveaux cas d’Ebola vient ainsi accroître la pression sur des structures de santé déjà confrontées à d’importantes contraintes opérationnelles.

Face à cette situation, MSF estime que l’action de ses équipes ne peut suffire à elle seule à répondre à l’expansion de l’épidémie. L’organisation appelle notamment à un renforcement du soutien opérationnel des agences des Nations unies, particulièrement de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin de consolider les différents piliers de la riposte.

Pour MSF, une mobilisation renforcée est particulièrement nécessaire dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels, où les capacités de préparation et de réponse demeurent faibles. L’objectif est de permettre une intervention rapide dans les nouveaux foyers tout en garantissant aux communautés affectées l’accès aux services nécessaires à la maîtrise de l’épidémie.

Alors que la situation évolue d’une zone à l’autre, MSF insiste ainsi sur la nécessité de maintenir la vigilance et les efforts de riposte. Pour l’organisation humanitaire, la diminution des cas observée dans certains foyers ne doit pas masquer l’apparition de nouvelles chaînes de transmission ailleurs.

La rédaction