La lutte contre le paludisme passe aussi par la mobilisation des communautés. À Kamuesha 2, dans la Zone de Santé de Kamuesha, 65 acteurs communautaires ont pris part à un dialogue consacré à la prévention du paludisme et à la promotion de l’égalité des genres dans l’accès aux services de santé.

Organisée par le Corps des Jeunes contre le Paludisme de la RDC (CJP-RDC/ASBL), cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Fonds pour l’Égalité des Genres dans la lutte contre le paludisme en RDC » (FEG/GEF), financé par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à travers l’African Leaders Malaria Alliance (ALMA).

Un dialogue placé sous le signe de l’inclusion

Troisième dialogue communautaire organisé au cours du troisième trimestre 2026 dans le cadre du projet FEG/GEF, la rencontre de Kamuesha 2 a réuni différentes composantes de la communauté autour des obstacles sociaux susceptibles d’influencer la prévention du paludisme et le recours aux soins.

La composition des participants a notamment privilégié une représentation équilibrée des différentes catégories de la population. Le groupe comptait 15 hommes, 15 femmes, 15 jeunes garçons et 15 jeunes filles, auxquels se sont ajoutés des représentants des autorités locales, des structures sanitaires et des relais communautaires.

Cette diversité a permis d’instaurer un dialogue intergénérationnel autour des comportements préventifs, de l’accès aux soins et de la participation de chacun aux initiatives de santé publique.

Le genre, un enjeu transversal de la lutte contre le paludisme

Au-delà de la sensibilisation sur le paludisme, les échanges ont mis l’accent sur la nécessité de prendre en compte les réalités liées au genre dans les interventions sanitaires.

Pour le CJP-RDC/ASBL, les femmes, les hommes, les filles et les garçons doivent pouvoir participer de manière équitable aux actions de prévention et disposer d’un accès approprié à l’information et aux services de santé.

L’approche vise ainsi à identifier les barrières sociales ou liées au genre qui peuvent limiter l’adoption des comportements préventifs ou retarder le recours aux soins. Elle entend également renforcer la participation des jeunes et des femmes dans les mécanismes communautaires de sensibilisation et de plaidoyer.

Les acteurs locaux appelés à jouer un rôle central

Plusieurs acteurs intervenant au niveau local ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels Michel Longo, coordonnateur zonal et acteur communautaire de la Zone de Santé de Kamuesha, ainsi que Mupongo Nkole Henry, infirmier titulaire de Kamuesha 2.

Le capitaine Muanza Bafika Laurent, commandant du CIAT de Kamuesha et représentant de la Police nationale congolaise, a également participé aux échanges, aux côtés des représentants du PRECODESA et de plusieurs relais communautaires.

Leur présence a permis d’élargir la réflexion à une approche multisectorielle, en mettant en évidence l’importance d’une collaboration entre communautés, structures sanitaires, autorités et autres acteurs locaux.

Un contexte sanitaire qui appelle à davantage de mobilisation

Cette initiative intervient alors que la province du Kasaï fait face à un contexte sanitaire particulièrement sensible, marqué par la gestion de plusieurs alertes et épidémies, notamment liées à la Mpox et à Ebola dans différentes zones de santé, dont Kamuesha, Bulape et Luebo.

Dans un tel environnement, le dialogue avec les communautés apparaît comme un outil important pour renforcer la sensibilisation, favoriser l’adoption de comportements protecteurs et consolider la confiance entre les populations et les services de santé.

La mobilisation communautaire constitue également un moyen de faire remonter les préoccupations locales et d’identifier les obstacles qui peuvent compromettre l’efficacité des interventions sanitaires.

Du dialogue au plaidoyer communautaire

Pour le CJP-RDC/ASBL, les communautés ne doivent pas être considérées comme de simples bénéficiaires des programmes de santé. Elles sont également des acteurs à part entière de la réponse, capables d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, de porter leurs préoccupations auprès des décideurs et de contribuer à la recherche de solutions.

Le dialogue organisé à Kamuesha 2 s’inscrit dans cette logique. Il vise à rapprocher davantage les populations des acteurs sanitaires et des autorités, tout en renforçant la participation des jeunes et des femmes dans les initiatives de santé communautaire.

À travers le projet FEG/GEF, le CJP-RDC/ASBL entend ainsi faire du dialogue, du plaidoyer et de l’inclusion des leviers pour améliorer durablement la prévention du paludisme et promouvoir un accès plus équitable aux services de santé.

À Kamuesha 2, le message porté par les participants se veut donc collectif : la lutte contre le paludisme ne peut être pleinement efficace sans la participation de toutes les composantes de la communauté, dans le respect de l’égalité des genres.

Scarpe MBUYAMBA Espérant