La table ronde de cohésion censée réunir, les 16 et 17 septembre 2026 à Inongo, des représentants des communautés de Kiri et d’Inongo n’a finalement pas eu lieu. Une annulation qui suscite les réactions du député national élu de Kiri, Castro Bamboka, arrivé dans la capitale provinciale pour prendre part à cette rencontre annoncée depuis plusieurs semaines.

Lors d’un point de presse, l’élu a fait part de sa déception, affirmant avoir appris l’annulation de la rencontre seulement 24 heures avant la date initialement retenue. Pour lui, ce changement intervenu à la dernière minute soulève des interrogations, d’autant plus que la table ronde devait constituer un cadre de dialogue destiné à favoriser l’apaisement et la cohésion entre les différentes communautés concernées.

Selon Castro Bamboka, les dates de la rencontre avaient été convenues avec le gouverneur de la province du Maï-Ndombe, Lebon Nkoso Kevani. Il affirme avoir, en amont, communiqué le nombre de délégués attendus et informé plusieurs responsables locaux de son déplacement à Inongo. Mais à la veille de l’activité, il dit avoir été informé que le comité provincial de sécurité considérait finalement la tenue de la rencontre comme inopportune.

« Si le comité de sécurité avait signalé que cette rencontre était inopportune, on aurait dû me le signifier pour que je ne me déplace pas, a déploré le député pierre Castro Bamboka.»

Une fois à Inongo, Castro Bamboka affirme également ne pas avoir reçu d’appel direct du gouverneur pour lui expliquer les raisons de cette annulation. Une situation qu’il considère comme regrettable au regard de l’importance accordée à cette initiative de dialogue.

L’élu de Kiri s’est par ailleurs interrogé sur certaines déclarations faisant état de tensions entre les communautés de Kiri et d’Inongo. Il rapporte toutefois qu’au cours de son passage à Bambe, des membres des communautés rencontrées lui auraient assuré qu’il n’existait pas, selon eux, de conflit direct entre les populations concernées.

Sur le plan politique, Castro Bamboka précise ne pas attribuer de mauvaises intentions au gouverneur Lebon Nkoso Kevani, avec lequel il affirme appartenir à la même coalition. Il estime néanmoins que les enjeux liés à la paix et à la cohésion communautaire doivent dépasser les considérations politiques et appelle à privilégier le dialogue.

Le député demande notamment des éclaircissements concernant certaines déclarations relatives au secteur de Lutoy ainsi que sur les actes administratifs qui s’y rapportent. Pour lui, toute démarche visant à prévenir ou à résoudre les tensions communautaires devrait associer les différentes parties concernées afin de favoriser une compréhension commune de la situation.

Initialement, la table ronde devait réunir des représentants des communautés Ekonda de Kiri et Bolia d’Inongo, mais également des notables, des élus et des autorités locales. Quelques jours avant la rencontre, le sénateur Anicet Babanga avait, lui aussi, plaidé en faveur d’une consultation élargie des différentes composantes concernées.

L’annulation de cette rencontre laisse ainsi en suspens la question de la poursuite du dialogue entre les parties. Pour les acteurs qui souhaitent voir préservée la cohésion dans le Maï-Ndombe, l’enjeu demeure désormais de maintenir les canaux de concertation ouverts et de privilégier des mécanismes permettant d’aborder les éventuelles incompréhensions dans un cadre pacifique.

Par Déogratias Makwala Mulefu