Des responsables de la communauté congolaise établie en Ouganda ont saisi le nouvel ambassadeur de la République démocratique du Congo auprès de ce pays, l’appelant à renforcer sa vigilance face à ce qu’ils présentent comme de possibles tentatives d’infiltration et d’influence au sein de la diaspora.

Dans une correspondance adressée au diplomate, les signataires, qui se présentent comme des acteurs engagés de la communauté congolaise en Ouganda, affirment avoir recueilli des informations faisant état de liens présumés entre certains responsables congolais établis dans ce pays et des groupes rebelles qu’ils considèrent comme hostiles aux intérêts de la RDC.

Les auteurs de l’alerte vont jusqu’à évoquer une possible infiltration de la diaspora « à son plus haut niveau ». Ils estiment qu’une telle situation pourrait, si elle était avérée, présenter des risques pour la sécurité et l’intégrité des institutions congolaises. D’où leur appel au nouvel ambassadeur à faire preuve de discernement dans ses interactions avec certains membres de la communauté et à privilégier les vérifications nécessaires avant toute collaboration ou démarche officielle.

Des soupçons autour de réseaux d’influence

La correspondance fait également état de présumées opérations de séduction, de manœuvres d’influence et de tentatives de corruption. Selon les signataires, ces pratiques auraient pour objectif de favoriser l’image de certaines personnalités auprès des nouvelles autorités congolaises et, potentiellement, de promouvoir des intérêts qu’ils estiment contraires à ceux de la République.

Une autre inquiétude concerne la délivrance du nouveau passeport congolais. Les responsables de la diaspora affirment avoir été informés de l’intervention présumée de certaines personnalités ou de diplomates en faveur de membres de familles ou de proches de personnes qu’ils présentent comme liées à l’AFC/M23.

Ils demandent, à cet égard, que les autorités compétentes puissent examiner avec attention toute intervention susceptible d’avoir influencé l’obtention de documents officiels, notamment lorsque des soupçons de liens avec des groupes armés sont évoqués.

Des accusations qui restent à établir

Ces différentes affirmations ne sont toutefois pas accompagnées, dans la correspondance rendue compte ici, d’éléments de preuve publics permettant d’en établir la véracité. Elles demeurent donc, à ce stade, des allégations formulées par certains membres de la diaspora congolaise en Ouganda.

Les signataires sollicitent néanmoins une attention particulière des autorités diplomatiques et appellent à la prudence dans le traitement des dossiers sensibles. Ils se déclarent par ailleurs disposés à transmettre davantage d’informations dans le cadre d’échanges qu’ils souhaitent francs et confidentiels avec la représentation diplomatique congolaise.

À travers cette démarche, les responsables de la diaspora disent vouloir contribuer à la préservation de l’intégrité des institutions de la RDC et au renforcement de la confiance au sein de la communauté congolaise établie en Ouganda.

En l’absence, à ce stade, de vérifications indépendantes ou de réactions officielles des personnes et institutions potentiellement mises en cause, aucune conclusion définitive ne peut être tirée des accusations contenues dans cette correspondance. Leur éventuelle portée devra être appréciée à la lumière d’éléments vérifiables et des réponses des autorités compétentes.

Par Nestor ILO