Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a signé une ordonnance portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », a annoncé dimanche sa porte-parole, Tina Salama.
Cette ordonnance marque une nouvelle étape dans le processus engagé par les autorités congolaises en vue de réunir les différentes composantes de la société autour des enjeux liés à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État. Elle intervient après plusieurs semaines de consultations, marquées par des échanges et des divergences entre acteurs politiques et sociaux sur le format, les objectifs et le niveau d’inclusivité du futur dialogue.
Au cœur des discussions figure notamment la question de la participation des différentes forces politiques et sociales. Des acteurs de l’opposition ainsi que certaines confessions religieuses ont insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties quant à la représentativité et à l’inclusivité du processus. Ils souhaitent que le dialogue puisse offrir un cadre permettant à l’ensemble des sensibilités concernées par la crise politique et sécuritaire de faire entendre leurs positions.
De son côté, le pouvoir maintient l’option d’un dialogue organisé sur le territoire national, tout en préservant le fonctionnement des institutions issues de l’ordre constitutionnel en vigueur. Cette orientation exclut, à ce stade, toute perspective de suspension des institutions de la République pendant les discussions.
La mise en place du Comité d’organisation devrait désormais permettre de préciser les modalités pratiques du dialogue, notamment sa composition, son calendrier, les mécanismes de participation ainsi que les principales thématiques qui seront soumises aux différentes parties prenantes.
Dans un contexte encore marqué par les tensions politiques et les défis sécuritaires, l’enjeu sera de transformer cette initiative en un véritable espace de concertation nationale. Pour les autorités, il s’agit de favoriser la paix et la cohésion ; pour les acteurs réclamant davantage d’ouverture, la crédibilité du processus dépendra surtout de sa capacité à garantir une participation réellement inclusive et équilibrée.
La signature de cette ordonnance ouvre ainsi une nouvelle phase, celle de l’organisation concrète du Dialogue national, dont la portée politique dépendra largement de la confiance que les différentes composantes de la nation congolaise accorderont au processus.
Scarpe MBUYAMBA Espérant/ELITE-NEWS.NET
