La Génération Consciente de Maï-Ndombe (GECOMA ASBL) tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire dans plusieurs îlots du fleuve Congo, situés à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo, dans le territoire de Yumbi, au Maï-Ndombe.

Dans une lettre ouverte adressée, dimanche, aux députés nationaux et sénateurs élus ou originaires de la province, l’organisation fait état de tensions qui dureraient depuis plus de 72 heures et qui affecteraient plusieurs habitants ainsi que des vacanciers présents dans cette zone fluviale.

Des tensions autour de taxes, selon la GECOMA

D’après la GECOMA ASBL, ces îlots seraient considérés comme relevant du territoire congolais depuis le découpage de l’Afrique consécutif à la Conférence de Berlin. L’organisation déplore ce qu’elle présente comme un affaiblissement progressif de la présence sécuritaire de la RDC dans cette partie du territoire national.

Elle affirme que cette situation aurait favorisé l’installation de services relevant de la République du Congo, lesquels auraient commencé à imposer des taxes à des ressortissants de la RDC fréquentant ces espaces, notamment des habitants originaires de Yumbi.

Selon la même source, le refus de certains ressortissants congolais de s’acquitter de ces redevances aurait provoqué des tensions avec les services de la République du Congo.

La GECOMA rapporte qu’au cours de ces événements, une jeune fille congolaise âgée de 14 ans aurait trouvé la mort. Cette information, tout comme les autres faits rapportés dans la lettre ouverte, n’a toutefois pas été confirmée de manière indépendante à ce stade.

Deux militaires interpellés puis libérés

Toujours selon la GECOMA ASBL, la marine congolaise serait intervenue à la suite de ces tensions et aurait interpellé deux militaires de la République du Congo.

Ces derniers auraient ensuite été libérés à la suite d’échanges diplomatiques entre les autorités des deux pays, affirme l’organisation, sans fournir davantage de précisions sur les circonstances exactes de cette libération.

La GECOMA dénonce également des faits qu’elle qualifie de graves, notamment des actes présumés de chasse, de pillage et de torture qui seraient perpétrés contre des ressortissants de la RDC présents dans ces îlots.

Des élus appelés à saisir les autorités

L’organisation affirme par ailleurs que les éléments de la marine congolaise déployés dans la zone auraient reçu pour instruction de ne pas intervenir. Elle rapporte que leur commandant aurait plutôt invité les populations concernées à saisir leurs élus afin d’obtenir l’autorisation de la hiérarchie militaire pour une éventuelle intervention.

Face à cette situation qu’elle juge urgente, la GECOMA ASBL demande aux députés nationaux et sénateurs élus ou originaires du Maï-Ndombe, ainsi qu’aux autres élus concernés, de porter rapidement la question auprès des autorités nationales.

Elle les exhorte notamment à rencontrer la Première ministre et la ministre des Affaires étrangères afin de solliciter des mesures destinées à assurer la protection des populations congolaises vivant ou séjournant dans ces îlots.

« L’urgence s’impose », insiste l’organisation, qui appelle les autorités compétentes à prendre des dispositions appropriées pour garantir la sécurité des populations concernées et préserver les intérêts de la RDC dans cette zone frontalière.

À ce stade, les autorités administratives, sécuritaires et diplomatiques compétentes n’ont pas encore été citées comme ayant officiellement confirmé ou démenti les faits rapportés par la GECOMA ASBL. Des clarifications officielles seraient donc nécessaires pour établir avec précision la situation sur le terrain.

MAKWALA MULEFU Déogratias