La Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE) annonces la régularisation de 24 296 enseignants dans le cadre de l’assainissement de la prime de gratuité. Cette annonce a été faite lors d’un point de presse animé par le Directeur national-chef de service, Vital Lumbala Kadiata, qui a réaffirmé la volonté de l’administration de garantir une rémunération intégrale et régulière aux enseignants. Selon les données présentées, 23 675 enseignants du primaire jusque-là sous-payés bénéficient désormais de la prime complète de 80 000 francs congolais, tandis que 621 autres, qui n’en bénéficiaient pas encore, ont été régularisés.
Cette opération intervient dans le cadre de la réforme du mécanisme de paiement de la prime de gratuité, instaurée au dernier trimestre 2021 dans le contexte de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques. Initialement intégrée aux frais de fonctionnement des établissements et payée manuellement aux enseignants, la prime est désormais appelée à être directement intégrée à leur rémunération. La DINACOPE explique que cette évolution vise notamment à réduire les risques d’erreurs et de mauvaises pratiques liés à l’ancien circuit de paiement. L’administration affirme par ailleurs que la régularisation des 24 296 enseignants a été réalisée sans supplément budgétaire, grâce au contrôle du fichier de paie, à la recherche des doublons et à l’identification des situations irrégulières.
L’assainissement du fichier de paie a également permis, selon la DINACOPE, de dégager plus de 471 millions de francs congolais d’économies. Dans le même processus, l’harmonisation des bases de données entre la DINACOPE et la Direction de la Paie aurait conduit à la détection et à la désactivation de 148 agents administratifs de bureaux que l’administration présente comme ayant intégré frauduleusement la paie. Pour la direction, cette démarche vise à sécuriser les ressources publiques et à faire en sorte que les crédits destinés aux personnels éligibles soient effectivement orientés vers leurs bénéficiaires. La DINACOPE entend ainsi poursuivre la lutte contre les recrutements fictifs, les doublons et les autres irrégularités affectant le fichier de rémunération.
La digitalisation constitue par ailleurs l’un des principaux axes de la stratégie annoncée par la DINACOPE. L’administration prévoit de renforcer le contrôle physique et la gestion des effectifs à travers des outils numériques, avec l’objectif de disposer de données plus fiables, actualisées et traçables. Un dispositif biométrique reposant notamment sur l’empreinte digitale et la reconnaissance faciale est progressivement mis en place au niveau de l’administration centrale. Sur la question des retenues salariales, Vital Lumbala Kadiata a également indiqué que des anomalies avaient été constatées lors de la paie de janvier, notamment des retenues de 20 000 francs congolais sur la prime de gratuité dans certaines provinces. Il affirme que des mesures correctives ont été engagées et que les erreurs identifiées ont été corrigées lors de la paie de février.
Malgré ces avancées annoncées, la DINACOPE reconnaît que plusieurs défis restent à relever, notamment la prise en charge effective des enseignants Nouvelles Unités (NU) et la régularisation administrative et salariale des enseignants Non Payés (NP). L’amélioration des moyens techniques et logistiques de l’administration figure également parmi les priorités évoquées. À travers cette démarche, la DINACOPE entend poursuivre une politique articulée autour de cinq orientations : assainir, contrôler, digitaliser, sécuriser et payer correctement. L’objectif affiché est de renforcer la fiabilité du système de paie tout en améliorant les conditions socioprofessionnelles des enseignants.
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